Coup de coeur du mois : Give me Love : Songs of the Brokenhearted - Baghdad 1925-1929




La maison Honest Jon's Records a l'excellente idée de rediffuser quelques chants et airs extraits de plus de 900 enregistrements réalisés par EMI (qui s'appelait alors Gramophon Company) pour la Voix de son Maître, en Irak, dans les années 20, avec des chanteurs très souvent juifs, qui chantaient en arabe ou en hébreux, des chants profanes, religieux, amoureux, ou bien des Kurdes, et quelques joueurs de violon ou de kemençe ottomans. Ces disques étaient destinés à être vendus sur place.

"En février 1925 l'ingénieur Robert Beckett - qui arrivait des indes - enregistra 200 titres pour une nouvelle série de la Voix de son Maître, le label alloué à la région. Les séances furent organisées par Meir Hakkak, l'aîné de 4 frères qui tenaient une boutique d'enregistrements, de gramophone et d'instruments dans la ville. Les années suivantes, Marcus Alexander enregistra encore 367 titres. Mais cette fois les enregistrements furent un échec, sabotés par Hakkak : on découvrit qu'il travaillait pour un rival allemand, Polyphon Musicwerke et qu'il avait délibérément replacé les chanteurs trop près du micro quand Alexander se trouvait hors de la pièce (Paradoxalement, il commanda tout de même 9090 titres de ces mêmes enregistrements pour sa boutique)." L'esprit de l'Orient est insondable, particulièrement avec des juifs comme Mr Meir Hakkak", écrivit Mr Evans, de Bagdad, à Mr Cooper à Calcutta, le directeur de la société Gramophon.)" Oui, on est en plein dans un récit colonial, très Empire vs fourbes Orientaux... On s'attend à voir arriver Lawrence d'Arabie... ou Soane.. Car ainsi que ces deux illustres agents, Mr Jean, un de ces émissaires prospecteurs vendeurs, sillonne ainsi l'Irak, et se déguise même en Arabe pour parcourir en toute sécurité la ville sainte de Kerbala, où il constate que "La majorité des habitants de la ville sont tous issus de la classe religieuse, habillés de vert avec des turbans blancs. Ils sont riches, mais d'apparence très fanatique. Jouer du gramophone en public est strictement interdit, comme toutes les boissons enivrantes. En dépit de nombreuses protestations des grands dignitaires religieux pour restreindre l'usage des instruments de musique, en privé je peux dire que la majorité des demeures ont des gramophones et divers instruments de musique." De même à Nadjaf, il constate qu'il y a beaucoup de gramophones dans la ville et une grande demande en disques, mais qu'il est impensable d'ouvrir ouvertement un commerce.

A Kirkouk, la situation est très différente. La principale boutique de gramophones et de disques est tenue par un certain Qassem El Saatchi. Mais Mr Jean constate qu'à "200 miles au nord de Bagdad, les disques de musique kurdes sont de loin les plus populaires". Cependant les négociations avec la compagnie s'avèrent les plus difficiles et Mr Jean, dégouté, déclare à ses suéprieures, à propos des Kurdes, qu'on ne peut les "blâmer pour la simple raison qu'ils sont Kurdes et parfaitement ignorants, incapables de voir plus loin que le bout de leur nez." Il se peut aussi que, pris dans leurs multiples révoltes indépendantistes, ces Kurdes-là n'appréciaient guère les Anglais... Il doit donc se rabattre sur le marché des musiques arabe et turque, en plus des disques anglais pour les résidents britanniques et l'armée.

Bagdad est décrite comme une ville de 200 000 habitants : "La majorité d'entre eux sont Arabes (mahométans). Le reste est juif, arménien, chrétien et européen."

La musique collectée est très diverse, parfois linguistiquement "syncrétique" de la part des juifs du Kurdistan, qui mêle "l'hébreux" (sans doute le néo-araméen) et le kurde, de genre varié, allant d'hymnes à des chansons "érotiques ou de grande détresse", des airs irakiens folkloriques ou modernes, des traditions venues d'Irak, de Bahreïn, du Koweït. Il y a des chants "rifi" c'est-à-dire de l'intérieur de l'Irak, le Rif, ou bien des airs du sud, ou bédouins. Il est noté que les danses arabes sont masculines, alors que les rondes kurdes sont bien sûr mixtes.

L'album est enrichi de photos de célèbres chanteurs et chanteuses d'époque, ainsi que le récit circonstancié de ces enregistrements et le témoignage du musicologue Yeheskel Kojaman, juif maintenant israélien, qui naquit et vécut toute sa jeunesse à Bagdad, dans une famille de mélomanes et s'est consacré, en Israël à ne pas laisser perdre la mémoire de la musique d'Irak. Mais s'il connaît très bien le milieu des chanteurs baghdadi, ses indications sont plus approximatives sur les autres. Ainsi il indique que deux taqsim sont joués au violon et au kemençe par des Kurdes : Kemani Nubar et Kementchedji Alecco. Or il doit s'agir de Nûbar Cömlekciyan Tekyay qui était Arménien et d'Aleko Bacanos, mi-grec mi-rom de Silivri (Marmara) et qui n'étaient pas Irakiens. Ils ont d'ailleurs fait l'objet de rééditions dans des CD de musique ottomane.

Le Kurde mentionné, Said El Kurdî, qui était-il ? Il chante en kurmandji, de façon très bohtî. S'agit-il de Seîdê Hemo (appelé aussi Seîdê Axa Cizrawî) ? Les dates correspondraient ainsi que le parcours de ce Kurde de Cizre qui se produisit souvent pour les programmes de radio Bagdad, comme tant de ses compatriotes interdits en Turquie. Mais n'ayant jamais entendu la voix de ce Seîdê Hemo, je ne peux l'affirmer. Les deux chansons sont "Eman eman lê Zeko" ("Aman Aman Zakko" dans l'album) et celle appelée "Kassem Mirô" me dit quelque chose, mais il se peut que ce ne soit pas son titre originel.

Un autre morceau, chanté par un certain Sayed Abbood, "Min Fergatak Lilyom," est encore plus msytérieux : décrit comme étant chanté mi en kurde mi en arabe, ça n'a pas l'air d'être du kurde. En tout cas pas très reconnaissable, ni par moi ni par des Sorans. Si quelqu'un en saisit un peu plus...

Enfin, voici la traduction du récit passionnant et émouvant du musicologue Yeheskel Kojaman, sur une jeunesse musicienne juive à Bagdad :

"Je suis né en 1921 à Bagdad. Je vivais dans un quartier habité seulement par des juifs, bien que nous n'ayons pas de restrictions pour aller où que ce soit. La rue s'appelait Hanoun Saghir, derrière le marché le plus petit du quartier. Quand j'ai eu 18 ans, nous avons dû déménager pour des maisons à louer, dans plusieurs quartiers de Bagdad.

Tous les juifs avaient l'habitude de donner deux prénoms à leurs fils, l'un en arabe, l'autre étant le nom d'un membre de la famille. Yeheskel était le nom de l'oncle de mon père, et j'ai pour second nom Akram, qui est arabe. Kodjaman en turc veut dire "le grand homme", parce que mon grand-père était responsable des finances de la ville sous les Ottomans et ils l'appelaient ainsi. Mon père était teinturier, ce qui était un bon métier à l'époque. Les chiites avaient l'habitude de teindre leurs vêtements en noir ou en bleu lors de l'Ashoura.

Mes frères aimaient la musique. Huit garçons et trois filles, et j'étais le n° 9. Mon frère aîné était l'ami de tous les chanteurs de maqams irakiens, et son meilleur ami était Salman Moshi. Tous les samedi matin, ils venaient ensemble à la maison et chez mon cousin, qui était juste à côté, à dix ou quinze, pour boire de l'arak bien sûr, et pour chanter des maqams irakiens. Quand j'avais sept ans, c'étaient mes chansons favorites avec celles d'Oumm Kalthoum (un de mes cousins, qui logeait dans une des pièces de notre maison quand j'avais cinq ou six ans, avait tous ses enregistrements, et il avait l'habitude de venir me tirer de mon lit chaque nuit et nous écoutions Oumm Kalthoum. A l'époque, je pouvais chanter tous ses enregistrements, sans savoir ce que je faisais, je n'en comprenais pas un mot).

En ce qui concerne les autres musiques, quand j'étais jeune homme, il y avait beaucoup de films indiens, la plupart musicaux. Je les avais tous vus plusieurs fois. J'alalis voir des films sur la musique classique, La Vie de Chopin, Schubert, j'ai vu The Great Walz 12 fois en deux semaines, et quand il est revenu à l'affiche, je l'ai revu, j'avais l'habitude de voir les films de Paul Robeson 4 ou 5 fois chacun. Mais les films les plus importants étaient les films égyptiens.

A la fin des années 20, il y avait deux bases britanniques en Iraq. L'une s'appelait Habbaniya, près de Ramadi ; l'autre était Hnaidi, "Little India", au sud de Bagdad. Tous les samedi, ils défilaient dans Bagdad près des bureaux du gouvernement, un bâtiment ottoman. Cela se faisait en musique, aussi mon père m'emmenait les voir : 50 ou 60 musiciens dans un ensemble d'instruments à vent, la plupart indiens, avec des officiers britanniques.

Mais les Britanniques n'étaient pas là comme en Egypte, où vous pouviez les voir en ville, partout, dans les cafés. Les Britanniques ne faisaient pas cela à Bagdad. Vous ne les voyiez jamais nulle part, sauf dans les bâtiments du gouvernement.

Au début, les Britanniques avaient projeté de faire de l'Iraq une partie de l'Inde, mais il y eut une révolution en 1920 et le peuple irakien a obligé le gouvernement à changer ses plans. Il devint un gouvernement irakien, indépendant des Britanniques. Depuis le jour où les Britanniques vinrent en 1917 jusqu'en 1932-1933, la monnaie qui avait cours était la roupie indienne.

A Bagdad, tous les musiciens professionnels, jusqu'en 1950, étaient juifs. J'en ai connu seulement deux qui n'étaient pas juifs : l'un était un percussioniste de la radio, nommé Husseïn; l'autre était un joueur de 'oud, Saliba Al-Qatrib, et il n'était pas irakien mais syrien. Iskendar, le violoniste qui était allé avec Muhammad Al-Qubbantchi à Berlin, était à Mossoul. Dans le reste du pays, c'était différent - je n'ai jamais vu un juif qui jouait du mutbidj. Je pense que c'était lié au Coran, qui était chanté sans instrument. Mais les musulmans qui nous rejoignaient respectaient les musiciens, même si eux-mêmes ne voulaient pas être musiciens.

Il en fut ainsi jusqu'en 1936, date à laquelle l'Institut des Arts ouvrit ses portes, et les gens, de façon générale, commencèrent à prendre des cours. Les musiciens de la police et de l'armée devaient apprendre les cuivres. A l'Institut, il n'y avait qu'un professeur oriental, pour le 'oud. Pour tout le reste, c'étaient des instruments européens, violon, piano et violoncelle.

Quand les juifs partirent en masse, au début des années 50, il y eut un vide béant à Bagdad, parmi les instrumentistes qui pouvaient jouer les maqams irakiens. Ils firent venir des musiciens de Palestine, comme Ruhi Khammash. Le gouvernement interdit à deux chalghi (joueurs de maqams) de Bagdad, Youssef Pataw et Saleh Shummail, de quitter le pays jusqu'à ce qu'ils aient appris à deux musiciens musulmans à jouer d'instruments traditionnels : Hashim ar-Radjab pour le santour et Shaoubi pour la djoza.

La musique, dans ses différents styles, était jouée dans les maisons, pour des événements spéciaux, par exemple une noce, et dans les maisons de café de Bagdad lors du Ramadan, et dans les night-clubs. Tous les clubs avaient leur propre orchestre. Jusqu'à la fin des années trente, cela devait se limiter à 5 personnes, un violon, un qanoun, un 'oud et deux percussionistes, qui jouaient de 7 heures du soir jusqu'à minuit.

Je pense que les night-clubs ont commencé d'émerger vers 1929. Yousself Za'rour Al-Kabir, un joueur de qanoun, jouait de la musique moderne avec un groupe dans un café. C'était un homme riche, et il ouvrit le premier night-club, le Hilal, ou Croissant de lune. Il fit venir plusieurs fois des musiciens de l'étranger : Oumm Kalthoum, Nadra. Très vite, il y eut 4 ou 5 clubs.

C'étaient des chanteuses qui se produisaient dans les night-clubs, des "benat" ou "filles". Ce qui était le plus important était leur beauté - elles avaient appris la danse et le chant comme des choses sans importance - et elles étaient recrutées parmi les prostituées. Elles s'attablaient avec les riches clients et commandaient du champagne, des choses comme cela. Pour une femme, il était impossible de penser à devenir chanteuse.

Badria Anwar se produisait dans les night-clubs, ainsi que Sultana Youssef avant qu'elle ne parte pour Mossoul.

Sultana Youssef était une chanteuse juive de Bagdad dont le père était un chanteur de maqams irakiens. Il l'avait abandonnée, ainsi que son frère, alors qu'ils étaient jeunes encore, et les deux avaient dû travailler pour vivre. Adolescente, elle vendait une friandise appelée sumsumiyya, faite de sésame et de sucre, et elle aurait commencé de chanter pour attirer les clients. Elle fut remarqué d'un propriétaire de café nommé Khammas, qui en fit une de ses "filles". Il reconnut la beauté de sa voix et la fit connaître. Sa famille ne voulut plus avoir de contacts avec elle - seul Youssef, un de ses neveux lui rendait visite, il avait mon âge, je le connaissais.

Aucune famille n'aurait permis à leurs filles de chanter en public et même dans les réunions de famille, elles ne chantaient pas quand il y avait des hommes présents. Le meilleur moyen de faire entendre leur voix était de chanter pour leurs enfants, alors les hommes pouvaient entrer dans la pièce. Cela ne fait pas très longtemps qu'il y a des chanteuses dans les familles.

J'ai rencontré Salim Daoud quand j'apprenais à jouer du 'oud. J'allais chez lui et nous devînmes très amis. Il était aveugle mais il se déplaçait par lui-même ou avec d'autres musiciens.

j'avais l'habitude de venir chez lui presque tous les jours. Il composait et chantait, jouait du violon, du 'oud quand j'étais chez lui. Il ne joauit du violon que dans les clubs. On l'appelait "Awwad", le joueur de 'oud, car c'était le meilleur d'Irak.

A cette époque, les cafés devinrent les lieux de réunion les plus importants pour les hommes - jamais de femmes - dans les villes d'Irak. Il y en avait partout, dans les rues les plus étroites de Bagdad, mais seuls les plus grands cafés aux abords de la ville étaient munis d'un gramophone et d'un large stock de disques. Je peux me souvenir de quelques-uns, du début des années 30, à l'est du Tigre, au bout de la rue Rachid, à Bab al-Sharqi, la porte de l'Est.

Il y avait un grand espace public, appelé le Jardin de la Laitue, et un grand café où en plus de boire aussi du thé et des rafraichissements, les gens pouvaient acheter et manger de la salade. Le long de la rive, il y avait une rue appelée Abu Nuwas, avec une série de grands cafés, chacun pouvant contenir plusieurs centaines de personnes. Des groupes d'amis attablés, bavardant et jouant aux dominos ou au tric-trac, et écoutant de la musique du matin au soir. Plusieurs pêcheurs passaient avec leur prise toute fraîche. Le patron du café pouvait choisir le poisson et le pêcheur le faisait griller selon une tradition, appelée "sagf", puis l'apportait sur un plateau avec des tomates et des pickles.

De l'autre côté du la rive, à Risafa, s'ouvrait une nouvelle avenue, très large, immédiatement après avoir traversé le pont, appelée Salihiyya, qui comprenait un autre ensemble de cafés, avec des parties couvertes ou à ciel ouvert. Beaucoup de gens aimaient écouter de la musique dans les boutiques, et cela a continué jusqu'en 1936, quand la radio irakienne a commencé d'émettre. A partir de là, la radio servait la plupart du temps et le gramophone seulement pour de courts intervalles, les jours où les étudiants venaient écouter de la musique, et puis la radio reprenait jusqu'à la fin des programmes, à 10 heures du soir.

En 1941, Rachid Al-Gaylanî mena un coup d'Etat pro-nazi, qui dura trois mois. Quand il s'effondra, l'avancée des forces britanniques ne put dépasser l'est de la ville. Ils n'entrèrent pas sur la rive ouest, à Risafa, et durant 48 heures, il y eut un pogrom contre les juifs, parce qu'il n'y avait plus de gouvernement. Ce pogrom nous a obligés, nous les jeunes gens, à faire quelque chose, et il y avait deux mouvements clandestins à Bagdad, le Mouvement sioniste et les Communistes. Presque tous les jeunes juifs avaient rejoint l'un de ces mouvements. J'ai rejoint le mouvmeent communiste et en 1949, quand j'étais en 3ème année à la faculté de Pharmacie, ils m'ont arrêté et jeté en prison jusqu'en 1958. Ma femme aussi est allée en prison, alors que nous étions mariés depuis très exactement 50 jours.

J'ai été condamné à 20 ans, mais il y eut une révolution en 1958 et ils m'ont libéré. Je devais partir, parce que dans le même temps, il avaient commencé de me surveiller, afin de me remettre en prison. J'ai été conduit sur la côte, et de là j'ai gagné une île sur un bateau très primitif, en étain. Deux jours après, ils ont amené un autre bateau, au milieu de la nuit, avec lequel j'ai atteint l'Iran. Une organisation juive à Téhéran envoyait les juifs irakiens vers Israël, par leurs propres moyens. Je suis arrivé en Israël en janvier 1962. Ma femme avait été expulsée de force vers Israël une fois purgés ses 5 ans de prison et elle s'y trouvait déjà, avec ma famille.

Quand je susi arrivé en Israël, ma soeur m'a emmené dans un marché irakien, en-dehors de Tel Aviv, appelé Shkhunat Hatikvah. Il était semblable à celui de Hanoun à Bagdad. Tous les Irakiens offraient leur marchandises en dialecte d'Irak. Soudainj'ai vu Dawoud Al-Kuweïty, qui se tenait dans une petite boutique, et vendait des ustensiles de cuisine. La boutique était si petite que si je m'y asseyais avec lui, personne d'autre ne pouvait y entrer. Lui et son frère Saleh étaient associés en affaires. Je me suis dit que si cela était arrivé à Daoud et Saleh Al-Kuwaïty, alors l'histoire de la musique irakienne allait être balayée. De ce jour, j'ai décidé d'écrire sur la musique d'Irak."

(Entretien mené avec Yeheskel Kojaman par Sara Manasseh le 27 mai 2008).

Give me Love : Songs of the Brokenhearted - Baghdad, 1925-1929.

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