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Articles

Affichage des articles du octobre, 2008

APRES L’ATTAQUE D’AKTÜTÜN L’ARMEE TURQUE ACCUSEE DE « NEGLIGENCE »

Le 3 octobre, une attaque du PKK contre le post militaire turc d’Aktütün, dans la province de Hakkari, a fait 20 morts parmi les soldats turcs et 23 morts parmi les combattants kurdes selon le bilan officiel de l’armée, tandis que le PKK donnait pour bilan neuf victimes dans ses rangs contre 62 morts et plus de 30 blessés parmi les soldats turcs. L’armée a riposté en bombardant les bases du PKK, dans le Kurdistan irakien, sans pouvoir établir de chiffres précis sur les victimes. Quelques jours plus tard, une autre attaque visant cette fois des policiers à Diyarbakir, faisait cinq victimes dont quatre membres des forces de l’ordre. Selon la version des autorités turques, des membres du PKK ont mitraillé un car de police. L’attentat n’a cependant pas été revendiqué par l’organisation kurde.
Comme à l’habitude, l’enterrement des soldats turcs a donné lieu à des manifestations nationalistes et vengeresses rassemblant des dizaines de milliers de personnes. L’importance des effectifs de la g…

Les pastèques de la colère

Le journal Vatan a cafté : les maires de Diyarbakir, Şirnak, Tunceli, Cizre et Hakkari respectivement Amed, Şirnex, Dêrsim, Cizîr et Colemêrg en kurde, n'ont pas fêté la célébration du 29 octobre date anniversaire de la république turque. Il faut dire que les maires DTP, comme par exemple Kazim Kurt, de Hakkari, sachant leur parti sur le point d'être interdit, expliquent qu'ils ne sentent guère enclins, en ce moment, à voir la vie en rouge et blanc. Idem pour Osman Baydemir qui au dernier Newroz expliquait qu'actuellement, près de 200 ans de prison étaient réclamés contre lui, en additionnant toutes ses poursuites ; ce qui fait que, comme le dit Vatan, aucune festivité populaire et spontanée n'a eu lieu à Diyarbakir. Et qu'on ne vienne pas dire que c'est par manque de place, insiste le journal, à qui on ne la fait pas : la mairie vient d'allouer un marché en ville pour que s'y déroule la foire aux pastèques (spécialité de la région). Préférer leurs …

La mort de Najm ad-Din Kubra

Nadjm al-Dîn, peut-être inspiré là-dessus par Al-Tirmidhî qui l'influença tant, ne considérait pas que la sainteté s'opposait au courage physique et notamment à l'usage des armes, ne dédaignant pas de jouer les Frère Tuck quand il s'agissait d'amener plus de justice en ce monde. Sa mort devant l'assaut des Mongols en fait déjà une figure héroïque, puisqu'il refusa de s'enfuir comme on l'y incitait. Mais le plus étonnant est ce que rapporte la tradition, à savoir que l'anéantissement du Khwarizm par Gengis Khan, il l'avait appelée de ses voeux, par souci de justice, car leKhwarizm devait payer la mort de son disciple préféré, Madjd al-Dîn. Mais son appel exaucé, il ne considéra pas devoir échapper à l'effet de sa malédiction. Sans aucun doute un cas éminent de djavanmardî, comme le rapport Paul Ballanfat dans son introduction à ses 14 traités :

"L'un des traits les plus frappants de la figure de Najm al-Dîn Kubrâ est le fait qu…

TURQUIE : LES ATTEINTES A LA LIBERTE D’EXPRESSION DENONCEES PAR LES INTELLECTUELS

Alors que la Turquie était l’invitée cette année de la Foire du livre de Francfort, plusieurs intellectuels, écrivains et éditeurs en Turquie en ont profité pour dénoncer les atteintes à la liberté d’expression et de publication auxquelles ils doivent toujours faire face dans leur pays. L’écrivain Orhan Pamuk, prix Nobel de littérature 2006, a ainsi déclaré, lors de la cérémonie d’inauguration, à laquelle assistait aussi le président turc Abdullah Gül : « L'Etat turc continue malheureusement à punir des écrivains et à interdire des livres. Sur la base de l'article 301 du code pénal turc, avec lequel on essaie d'intimider des écrivains comme moi, des centaines d'auteurs et de journalistes sont traînés en justice et condamnés. » Orhan Pamuk a aussi rappelé les interdictions multiples visant des sites Internet, comme Youtube, émanant de juges qui ont le pouvoir de bloquer l’accès de tout un pays à des plates-formes du WEB parmi les plus utilisées mondialement.
Répondant à l…

TV, Radio : Persépolis, Ten, Assyro-chaldéens

TV

Lundi 3 novembre à 11h15, jeudi 6 novembre à 22h30 sur Canal+ Cinéma : Persépolis, film d'animation de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud, France/USa, 2007.

"Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l'avenir et se rêve en prophète sauvant le monde. Choyée par des parents modernes et cultivés, particulièrement liée à sa grand-mère, elle suit avec exaltation les évènements qui vont mener à la révolution et provoquer la chute du régime du Chah.
Avec l'instauration de la République islamique débute le temps des "commissaires de la révolution" qui contrôlent tenues et comportements. Marjane qui doit porter le voile, se rêve désormais en révolutionnaire.
Bientôt, la guerre contre l'Irak entraîne bombardements, privations, et disparitions de proches. La répression intérieure devient chaque jour plus sévère.
Dans un contexte de plus en plus pénible, sa langue bien pendue et ses positions rebelles deviennent problématiques. Ses parents décident alors de l'…

IRAK : LES DIFFICILES NEGOCIATIONS DU « SOFA »

Plusieurs rencontres entre les Kurdes d’Irak et des responsables américains, ainsi que la visite de Massoud Barzani à Washington, ont porté principalement sur le « SOFA » (Status of Forces Agreement). Un accord doit en effet permettre aux Etats-Unis de maintenir une présence militaire à long terme en Irak, après que le mandat de l’ONU ait expiré, soit le 31 décembre 2008. Mais les négociations autour des modalités de l’accord n’avancent guère, en raison des réticences irakiennes. Dans son fief de Salahaddin, le président de la Région du Kurdistan Massoud Barzani a d’abord reçu le général Raymond Odierno, le commandant des forces multinationales, accompagné d’une délégation. Le Premier Ministre du gouvernement kurde, Nêçirvan Barzanî, était également présent, ainsi que plusieurs responsables du GRK.
En plus des questions liées aux régions réclamées par les Kurdes comme Khanaqin, et de façon plus large, les problèmes de sécurité dans le pays, notamment à Mossoul, l’entretien a surtout por…

MOSSOUL : LES CHRETIENS FUIENT EN MASSE

Le débat sur l’adoption de la loi pour les futures élections provinciales n’a pas faibli ce mois-ci, au sujet de l’abrogation dans la loi électorale de l’article 50 qui garantissait des sièges aux minorités ethniques et religieuses. Les protestations sont toujours aussi vives de la part des groupes minoritaires concernés, comme les Yézidis et surtout les chrétiens, en butte à de récentes et meurtrières attaques dans la ville de Mossoul. Dès septembre, le représentant de l’ONU en Irak, Staffan de Mistura a appelé à la réintégration de cet article dans la constitution irakienne, et les minorités irakiennes ont aussi été relayées par le Gouvernement régional du Kurdistan.
A Telkif et au temple yézidi de Lalesh, les représentants de l’ONU, dont Staffan de Mistura, ont donc rencontré des délégations chrétiennes et yézidies. « La délégation de l’ONU a rencontré les directions des unités administratives. Ils ont discuté des moyens d’accorder des droits équitables aux minorités religieuses au …

Coup de coeur du mois : Give me Love : Songs of the Brokenhearted - Baghdad 1925-1929

La maison Honest Jon's Records a l'excellente idée de rediffuser quelques chants et airs extraits de plus de 900 enregistrements réalisés par EMI (qui s'appelait alors Gramophon Company) pour la Voix de son Maître, en Irak, dans les années 20, avec des chanteurs très souvent juifs, qui chantaient en arabe ou en hébreux, des chants profanes, religieux, amoureux, ou bien des Kurdes, et quelques joueurs de violon ou de kemençe ottomans. Ces disques étaient destinés à être vendus sur place.

"En février 1925 l'ingénieur Robert Beckett - qui arrivait des indes - enregistra 200 titres pour une nouvelle série de la Voix de son Maître, le label alloué à la région. Les séances furent organisées par Meir Hakkak, l'aîné de 4 frères qui tenaient une boutique d'enregistrements, de gramophone et d'instruments dans la ville.Les années suivantes, Marcus Alexander enregistra encore 367 titres. Mais cette fois les enregistrements furent un échec, sabotés par Hakkak : o…