Les sept organes subtils de l'homme selon 'Alâoddawleh Semnanî

"Depuis le centre de l'être en son unitude et les centres d'éclosion des êtres en leur multitude, les énergies que ces centres émettent par-delà et dès avant le cosmos de la physique céleste sont des énergies qui parviennent directement aux organes de la physiologie subtile. Et ces organes du corps d'immortalité sont, au coeur de chaque mystique, plus et mieux encore que les "astres de son destin" (Schiller), puisqu'ils sont les "prophètes de son être". Alors jusqu'en la profondeur secrète des origines, on peut comprendre où se noue le lien de l'herméneutique ésotérique et de l'anthropologie mystique, et commeny l'"intériorisation du sens", progressant avec la croissance progressive du corps d'immortalité, atteint à son dénouement lorsque ce corps d'immortalité a atteint la plénitude de sa stature prophétique.


La plénitude de cette stature, c'est cela qui a été cherché par les spirituels de l'Orient et de l'Occident, affrontant, malgré leur petit nombre, en Islam comme en chrétienté, les mêmes puissances de ce monde. Le jour où l'on prendra conscience de l'affinité secrète de ces familles spirituelles, il se produira peut-être dans l'univers des religions et de la science des religions, un phénomène analogue à celui qui de nos jours fait s'écrouler les cloisonnements entre sciences de la matière et sciences de l'esprit.


Il y faudra toute une régénération de ce que nous avons coutume d'appeler "humanisme", mais à cet humanisme nouveau, d'une forme encore imprévisible, il est un message qu'un Semnanî pourra transmettre à coup sûr, dans la mesure où il a convaincu le soufi que la seule chose qu'il ait à craindre en ce monde, ce n'est pas qu'une dialectique qu'il ignore le rejette dans ce que certains de nos contemporains appellent la "poubelle de l'histoire" - le seul Enfer qui soit à la mesure d'une mythologie du "sens de l'histoire" désacralisé. Non pas, la seule chose qu'un soufi puisse craindre, c'est qu'un retard sur soi-même, un arrêt qui lui ferait manquer le sens intérieur de son être, fasse de lui un avorton de l'Au-delà."


Henry Corbin, En Islam iranien, t. IV, Shiisme et soufisme, IV, Les sept organes subtils de l'homme selon 'Alâoddawleh Semnanî (736/1336), 5, "les trois corps de l'être humain".

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