IRAN : 13 EXECUTIONS DEPUIS LE DEBUT DU MOIS


Le journaliste kurde Ako Kurdnasab qui avait été arrêté il y a six mois et condamné à 3 ans de prison a été finalement relâché le 17 janvier. De même, la réalisatrice de documentaires Mehrnoushe Solouki a pu quitter l’Iran pour se réfugier en France le 19 janvier, deux jours après la levée d’interdiction de sortie du territoire qui la frappait. Elle avait également fait un mois de prison.
Ako Kurdnasab avait été arrêté le 21 juillet 2007 à Sanandaj, capitale du Kurdistan, par les services iraniens. Il avait été condamné à trois ans pour « tentative de renverser le gouvernement par des moyens journalistiques. » Ayant fait appel de son jugement, sa condamnation a été ramenée à six mois, soit la durée d’emprisonnement déjà effectuée.
Quant à Mehrnoushe Solouki, elle reste accusée de “propagande” pour un documentaire sur le cessez-le-feu de 1988 entre l’Iran et l’Irak.
Par ailleurs, deux autres journalistes Ejlal Ghavami et Emadoldin Baghi, également détenus, ont obtenu une permission de sortie pour recevoir des soins médicaux. Reporter sans frontière, qui a suivi le cas de ces quatre journalistes, se réjouit de la libération des deux premiers, mais souligne que rien n’est résolu pour Ejlal Ghavami et Emadoldin Baghi qui doivent retourner en prison après leurs soins. Emadoldin Baghi, qui souffre de problèmes cardiaques, a pu quitter la prison d’Evin, à Téhéran, où il était détenu depuis trois mois. Ghavami, journaliste à l’hebdomadaire Payam-e Mardom-e Kurdestan, souffre, lui, d’une infection oculaire, aggravée par le manque d’hygiène de sa cellule à Sanandadj.
Le 15 janvier, Ebrahim Lofti, un étudiant kurde de 27 ans, est mort en détention, s’étant « suicidé » dans cette même prison de Sanandadj, selon la version officielle. Sa famille conteste le suicide, alléguant que durant ses visites à l’étudiant, elle avait pu constater qu’il avait été torturé, et demande l’exhumation et une autopsie du corps, ce que la justice iranienne refuse.
Ebrahim Lofti avait été arrêté le 6 janvier dernier, pour des raisons inconnues. Sean McCormack, porte-parole du Département d’Etat des Etats-Unis, s’est déclaré « profondément concerné par la mort tragique et les circonstances suspectes » de cette mort, relayant l’appel de nombreuses organisations des droits de l’Homme, dont Human Rights Watch. “Nous appelons les autorités iraniennes à mener une enquête approfondie », a ajouté M. McCormack.    
En octobre 2007, une détenue de 27 ans, Zahra Bani-Ameri, était morte dans les mêmes conditions, cette fois dans la prison de Hamadan.
De façon générale, on assiste à une recrudescence des exécutions en Iran, depuis la fin de l’année 2007. Selon Amesty International, 297 personnes ont été pendues en 2007, contre 177 en 2006. Le gouvernement iranien s’est lancé depuis un an dans une campagne « sécuritaire » qui s’est traduit par un nombre croissant d’exécutions.
Le 2 janvier, 13 condamnés ont été pendus, dont 8 dans la prison d’Evin, à Téhéran. Ils avaient été reconnus coupables de meurtre ou de trafic de drogue. Parmi eux, figure une femme de 27 ans, mère d’une fille de 5 ans et d’un garçon de 3 ans, condamnée pour le meurtre de son mari. A Qom, 3 hommes ont été pendus pour trafic de drogue et deux autres à Zahedan.
Alors que la toxicomanie fait des ravages en Iran, toute personne détenant plus de 30 grammes d'héroïne ou plus de cinq kilos d'opium encourt la peine de mort. Les autres délits passibles de cette condamnation sont « la trahison et l'espionnage » accusation qui permet de poursuivre nombre d’opposants politiques ; le meurtre, l'attaque à main armée, le trafic de drogue, le viol, l'adultère, la prostitution, la pédérastie et l'apostasie pour les musulmans.

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