Nêçirvan ou Mr Bonvoisin

Commentant la rencontre entre le Premier Ministre turc et le président américain, Nêçirvan Barzani, Premier Ministre de la Région du Kurdistan s'est prononcé à nouveau pour une négociation "à 4", a réitéré ses voeux de bonne amitié et ses appels à l'apaisement (l'adjectif "pacifique" doit revenir au moins 20 fois dans le discours). Bon, il ne fait que répéter et résumer l'essentiel des déclarations officielles du KRG depuis le début de la crise (la fermeté de son oncle en moins, lui il se charge de jouer le "gentil". Est-ce que ce discours est nouveau pour l'AKP ou l'armée ? Certes pas. Cela semble plutôt un message adressé à l'hystérie médiatique turque, et un démenti implicite à toutes les accusations fantaisistes d'un soutien du GRK au PKK dans sa lutte armée. Une façon de dire : voyez, nous, nous sommes plein de bonne volonté. Et aussi une façon de rappeler que si la Turquie ne veut pas (pour le moment et pendant longtemps) parler ouvertement avec le PKK, il va bien falloir qu'elle se trouve un intermédiaire, et ça ne pourra jaamis être Bagdad.

Par ailleurs, la crise au nord ne semble guère perturber le déroulement des affaires économiques, puisque 7 contrats portant sur l'exploitation des ressources pétrolières kurdes viennent d'être signés, et les contrats déjà signés ont été révisés en conformité avec la nouvelle loi irakienne.

"Que l'on soit bien clair: Le GRK est, et restera, totalement prêt à chercher une solution à long terme à ce problème. A cette fin, nous proposons des discussions entre Ankara, Bagdad, Erbil et Washington. C'est une question transnationale, compliquée par des liens ethniques, et aucune des partie ne peut trouver une solution par elle-même. Nous serons toujours prêts à nous atatbler avec quiconque cherche une résolution négociée et diplomatique.

Nous devons rejeter la rhétorique de la violence et reconnaître qu'une réponse militaire à la crise actuelle serait un désastre pour tous, excepté pour le PKK. Nous, la Région du Kurdistan d'Irak serions entravés dans notre marche vers la paix, la démocratie et la prospérité ; l'armée turque 's'enliserait hors de ses frontières dans une lutte sanglante et improductive contre le PKK ; les Etats-Unis et les alliés occidentaux s'aliéneraient un allié essentiel de l'OTAN ; les économies et les peuples de la région souffriraient - spécialement en Turquie, en Syrie, en Iran et en Irak.

Nousa vons tenté d'expliquer à nos amis turcs que nous ne souhaitons que la paix et la coopération avec eux. Notré région dépend fortement des investissements turcs et du commerce avec la Turquie. La majeure partie des transactions étrangères qui ont lieu ici sont turques, presque toutes nos constructions sont réalisées par des entrepreneurs turcs, nous recevons une part importante de notre électricity de la Turquie et largement plus de 75% de nos importations viennent de Turquie. Pourquoi inciterions-nous la Turquie à une action militaire qui serait un sérieux dommage pour notre économie ?

L'histoire des conflits dans cette partie du monde renferme un message: un problème tel que celui du PKK ne peut être résolu apr des moyens militaires. Pendant plusieurs décennies, le gouvernement de Saddam Hussein a tenté de liquider le peuple kurde par la violence, et le prix à payer en a été énorme des deux côtés. Nous avons nous-mêmes combattu le PKK à la fin des années 90 avec l'aide de l'armée turque, et 10 ans plus tard nous nous retrouvons au même point critique. Les montagnes dans notre région et en Turquie ont protégé le PKK pendant des décennies et il n'y a aucune raison de penser que de nouvelles actions militaires auraient plus de succès que dans le passé. Les problèmes pour lesquels une solution militaire est recherchée ont tendance à ne jamais se résoudre.

Nous avons condamné et nous continuerons de condamner le PKK pour ses attaques injustifiées en Turquie. Nous insistons sur le fait que ses membres doivent déposer les armes immédiatement. Nous ne leur permettons pas d'opérer librement, contrairement à ce qui a été affirmé. La Turquie, avec une puissance militaire substantielle a été incapable d'éradiquer le PKKà l'intérieur de ses propres frontières, mais certains Turcs, inexplicablement, semblent attendre de nous que nous y parvenions avec bien moins de moyens et de ressources.

Tout comme nous demandons aux Turcs de rechercher une résolution pacifique, le PKK doit abandonner sa stratégie armée vouée à l'échec. Il faut donner une chance à la diplomatie et au dialogue. Avec du temps, de la patience et de la stabilité, nous croyons que des changements pacifiques peuvent survenir. 10 ans auparavant, l'OLP et l'IRA étaient considérés comme des organisations terroristes. Aujourd'hui elles ont entamé un processus de transformation et agissent dans un cadre politique. Une telle transformation ne peut-elle avoir lieu au sein du PKK? Nous ne pouvons en être certains. Mais nous savons qu'une action militaire ne ferait que radicaliser la situation et la violence se nourrira à coup sûr de la violence.

Nous voulons la paix le long de nos frontières avec la Turquie. Nous voulons coopérer sur des questions économiques, sociales et culturelles. Nous voulons être de bons voisins et exercer nos responsabilités comme de bons voisins. Nos efforts heureux, en coopération avec Ankara et Bagdad pour assurer la libération des soldats turcs témoigne de notre désir sincère de trouver une solution pacifique à ce problème. Nous continuerons de prendre des mesures concrètes pour améliorer la sécurité à nos frontières. Mais le gouvernement turc doit surmonter son refus de s'adresser à nous comme voisins.

La Région du Kurdistan est la seule partie de l'Irak qui connaisse la paix et le développement depuis la libération de 2003, et nous sommes un gouvernement régional constitutionnellement reconnu dans la région. Nous avons déjà accompli un long chemin, économiquement et politiquement. Mais beaucoup reste à faire. Nous avons choisi de faire partie de l'Irak fédérale et nous confirmerons cet engagement. Nous ne menaçons personne si nous nous développons davantage. Nous espérons que nous pourrons tendre une main amicale à la Turquie et travailler ensemble à trouver des solutions à cette crise, qui mèneront à long terme vers la stabilité et des relations pacifiques."


Nêçirvan Barzanî, 5/11/2007, Wahsington Post.

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