Coup de projo sur : Cultural Cornerstones


Cultural Cornerstones est une organisation non-gouvernementale, basée à Atlanta, qui a pour but de protéger ou sauver le patrimoine artistique des populations en danger, que ce soit le fait de conflits armés, d'abus massifs des droits de l'homme ou bien des effets de la globalisation. Sur le terrain, ils mettent en place des équipes locales afin qu'elles préservent leur propre héritage, en leur fournissant du matériel et une formation technique. Elle encourage les communautés à collecter et préserver leurs archives, afin de les rendre accessible à leur propre population ainsi qu'à un niveau international. Cultural Cornsertones a ainsi travaillé sur les Kurdes de Turquie, les Karen et les Roms de Macédoine.
Le CD qu'ils ont produit, çavê min î, Tu es mes yeux, commercialisé en 2001, rassemble des enregistrements de terrain réalisés par Jordan Bell et Gregory Scarborough. Il comprend des prestations de dengbêj, des musiques et des chansons traditionnelles, des chants politiques, du Botan, de Serhed, de Diyarbakir, de Mardin, de Hakkari...
Le premier morceau en écoute est du dengbêj Fadil de Qoser (Mardin). Aveugle de naissance, le maître Fadil a commencé dès l'âge de 5 ans à s'assoir auprès des vieillards de sa communauté pour écouter leurs chants et leurs histoires.
Le second est un dîlan (ronde) enregistré à Batman, lors d'une noce. Gregory et Jordan racontent ce qui arrive toujours quand un voyageur tombe sur une noce de plein air : à peine avaient-ils croisé la foule qu'ils se sont retrouvés assis de force, un thé à la main. La tradition des Kurdes kidnappeurs...
Le troisième morceau fut enregistré alors qu'ils se promenaient dans les champs autour de Diyarbekir, en quête de chants traditionnels agricoles. En fait les ouvriers et les jeunes filles qui ont chanté pour eux ont entonné des couplets incontestablement politiques, avec V de la victoire en prime. On entend notamment des allusions au HADEP (perperok, papillon) et à Mazlum Dogan.
Le chant suivant est aussi une satire du "gendarme", personnage hélas omniprésent au Kurdistan turc - appelé pour l'occasion "fils de l'âne" - et de l'armée turque en général. Ce genre de chanson est naturellement interdit et la chanter en public vaut d'être arrêté et emprisonné. Mais si le jandarma avait de l'humour, ça se saurait...
Enfin on termine sur une prestation de deux dengbêj, Abdullah et Ismaïl, enregistré à Colemerg (Hakkarî).

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