Des Nazgûls et de l'ipséité ishraqî

Regardant le documentaire sur Tolkien et le Seigneur des anneaux fourni dans le dvd version longue de La Compagnie de l'anneau, quand on aborde les spectres, les Ringwraith, les cavaliers noirs donc, qui sont, au fond, vides, comme le Mal, les orcs, les trolls, les croisements de Saruman. Le Mal est vide, sans être, chez Tolkien. Le documentaire ajoute que c'est assez bien l'essence du Mal au XX° siècle, un mal sans joie ni conscience de pécher, ni blasphème ni transgression, des êtres banals et qui ne ressentent rien en accomplissant le mal. Le mal, c'est ceux qui n'ont pas conscience d'eux-mêmes, de leur être. Le mal c'est ceux qui sont inconscients d'eux-mêmes, "Unaware".
V
Proposition générale :
Que tout ce qui se connaît soi-même est lumière immatérielle

114. Tout ce qui connaît une ipséité (dhât) dont il n'est jamais absent, n'est pas un être de la nuit puisqu'il est révélé soi-même à soi-même. Il n'est pas non plus une qualité ténébreuse, immanente, à quelque chose d'autre, car si la qualité lumineuse elle-même n'est déjà pas une Lumière pour soi-même, à plus forte raison la qualité ténébreuse ne le sera-t-elle pas. Donc ce qui n'est jamais absent de soi-même est une Lumière pure, immatérielle, que l'on ne peut montrer."

V. IV
Du Mal et de la Misère.


229. La misère (shaqawa) et le mal (shaw) dérivent, dans le monde des Ténèbres, des mouvements, tandis que la Ténèbre et le mouvement sont deux conséquences nécessaires de la dimension d'indigence qui existe dans les Lumières archangéliques et les (lumières) régentes. Quant au mal, il accepte nécessairement les intermédiaires (wasâ'it).

La Lumière des Lumières ne peut absolument comporter en elle aucune qualité ni dimension ténébreuses. C'est pourquoi il n'émane d'elle aucun mal. L'indigence et les Ténèbres accompagnent, nécessairement, des causes, à la façon de tous les concomitants de la quiddité, qu'il est impossible de lui dénier. Et l'on ne peut se représenter l'existence, sinon telle qu'elle est, en fait. Le mal en ce monde est de beaucoup inférieur au bien."
Le Livre de la sagesse orientale, Shihab od Din Sohrawardî; trad. Henry Corbin.
Commentaire de Qotb od-Dîn Shirazî :
"Il faut que tu saches que le mal n'a pas d'essence ou plutôt que le mal est privation d'une essence ou imperfection d'une essence. Ce qui est existencié comme mal a pour cause que cela fait atteindre à quelque néant, puisque s'il était un existant positif, il ne serait un mal ni pour un autre, ni pour soi-même. En effet l'existence de la chose n'implique pas son propre néant, ni le néant de quelque chose qui la parachève."

"Ne pas être, c'est être incapable de produire, d'illuminer, de multiplier autour de soi des manifestations de soi, d'irradier de la différence. "(Christian Jambet, Introduction à la Sagesse orientale).

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