Roman de Baïbars : échec au roi de Rome

Avec l'avant-dernier tome paru en français du Roman de Baïbars, s'invite dans Echec au roi de Rome, une figure historique étonnante, controversée, parfois portée aux nues par des fans (Benoist-Méchin ou Kantorowicz notamment), parfois diabolisée (les chroniqueurs contemporains n'ont pas toujours été tendres avec lui). Il s'agit de l'empereur du Saint-Empire romain germanique, aka le roi de Sicile, aka le roi de Jérusalem Frédéric II Hohenstaufen, qui naquit en 1194 près d'Ancône et mourut en 1250 à Fiorentiono. Autant le dire, le Frédéric du roman, "roi de Rome", figure naïve et falotte devant le tout-puissant Baïbars, n'a pas grand-chose à voir avec l'empereur historique, contemporain des derniers Ayyoubides et non des Mameluks. Mais le roman retient de lui certains traits d'une vérité déformée : Frédéric II était roi de Sicile et en tant qu'empereur, protecteur du Saint-Siège en titre. Et son attitude conciliante et de bonne foi dans le roman reflète la période de détente entre Ayyoubides et Crosiés, en même temps que sa propre "islamophilie".

Autre fait historique inspirant le roman, l'ambassade réelle qu'envoya notre Baïbars auprès du fils de Frédéric, Manfred, roi de Sicile, en 659 de l'Hégire; rapporté par Djamâl al-Dîn ibn Wasil dans les Annales d'Abû-l-Fida et dont nous rappelerons au sujet du 10° tome, Le procès du Moine maudit.

Allemand par son père Henri VI l'empereur et par lui petit-fils de Frédéric Barberousse, Frédéric II était aussi Normand de Sicile par sa mère Constance de Hauteville, et donc par elle petit-fils du roi Rogger II de Sicile, illustre souverain dont la cour de Palerme fut un melting-pot culturel intéressant, un peu comparable à l'Andalousie, entre influences italiennes, arabes, byzantines, nordiques. Cela l'apparentait aussi à Bohémond d'Antioche et Tancrède de Hauteville, ces Normands de la Première Croisade, qui fondèrent la Principauté d'Antioche, plus inféodée officiellement au Basileus qu'à Jérusalem, le dernier état latin à succomber devant la reconquête de l'islam.

Frédéric II était dans son caractère, sa formation, son éducation, plus Normand de Sicile qu'Allemand, plus Méditerranéen que Nordique. Déjà au moment de sa naissance c'est à deux médecins arabes qu'il dut la vie, l'accouchement s'avérant difficile (les musulmans étaient résidents permanents en Sicile et avaient leurs garanties, un peu l'équivalent de la dhimmitude). En véritable homme du Moyen-Âge, et surtout du XII° siècle, il était naturellement polyglotte, parlant en plus de l'allemand et de divers dialectes italiens (sicilien, franco-provençal) le latin, le grec, l'arabe, l'hébreux. Il était d'esprit assez frondeur, très attiré par la philosophie et les sciences exactes, et donc naturellement fasciné par la culture musulmane, qu'il percevait (à raison) comme intellectuellement supérieure à celle de l'Occident médiéval, et qu'il considérait aussi (à tort) comme plus tolérante envers les savants et les recherches philosophiques et religieuses (l'islam sunnite du XII° siècle, obsédé par le chiisme et les déviances de certains soufis, n'avait simplement pas les mêmes "adversaires" spirituels que la Chrétienté, c'est tout).

Frédéric II eut un règne assez long puisque son père mourut quand il était encore enfant, et il fut très tôt roi de Sicile sous tutelle papale. A l'adolescence, il put reprendre le titre d'empereur de Saint-Empire et c'est là que ses ennuis commencèrent, car toute sa vie il eut à lutter contre les ambitions papales (la vieille querelle des empereurs et des papes, Gibelins vs Guelfes, à savoir qui a la primauté politique sur qui, empoisonna tout l'espace politique allémano-italien). Mais ses péripéties et querelles avec Grégoire IX le pape ne nous intéressent que dans le contexte de sa "croisade", la plus étrange qui soit, puisque la "reconquête" de Jérusalem se fit sans combat, uniquement par négociation avec l'un des neveux de Saladin, le fils aîné d'al-Malik al'Adil Sayf ald-Dîn, le grand sultan d'Egypte et de Syrie, soit al-Malik al-Kâmil Nâsir (les fils de Saladin avaient été peu à peu évincés du pouvoir, en tous cas des émirats majeurs par leur oncle Al-'Adil, hormis le sympathique et talentueux al-Malik al-Zâhir sultan d'Alep, qui resta en place jusqu'à sa mort).

Mais à la mort d'Al-'Adil, le même schéma eut lieu : à grand prince, héritiers médiocres et querelleurs. Déjà associé au gouvernement d'Egypte du vivant de son père, Al-Kâmil devint sultan à part entière en 1218, alors qu'al-Adil mourait subitement à Damas, peut-être affecté par les premiers succès de la Cinquième Croisade. Succès éphémère puisqu'al-Kâmil réussit à bloquer l'avancée des Francs (qui restèrent deux ans retranchés à Dimyat qu'ils avaient prise), et finalement, ses frères al-Ashraf et al-Mu'azzam, et puis les autres princes ayyoubides, se décidèrent à bouger un peu, assiégèrent les Francs et les chassèrent d'Egypte en 1221.

Mais l'entente cordiale entre les trois frères ne survécut pas au départ de l'ennemi commun. Al-Kâmil s'allia d'abord contre al-Mu'azzam avec al-Ashraf ; al-Mu'azzam s'allia avec le roi du Khwarezm Djalal al-Dîn : on fait une trêve, on s'arrange, on envisage à contre-coeur de fractionner en deux l'héritage de Saladin, en gros entre Syrie-Djazîrah et Egypte. Mais Al-Mu'azzam meurt, son fils Nasîr al-Dîn comprenant qu'il ne fera pas le poids court se soumettre à al-Kâmil. Le sultan d'Egypte va-t-il commencer à respirer ? Pas de bol, la rumeur d'une Sixième Croisade se précise, en 1227. Al-Kâmil ne se fait sans doute guère d'illusion sur la capacité des princes ayyoubides à faire face rapidement et de façon unie. Il préfère négocier directement avec Frédéric II, qui vient d'épouser la fille de Jean de Brienne, Yolande (ou Isabelle) reine de Jérusalem par Marie de Montferrat, elle-même fille de Conrad de Montferrat, le fameux marquis qui stoppa l'avancée de Saladin en fortifiant Tyr, et évinça le piteux roi Gui de Lusignan en épousant Isabelle, la plus jeune demi-soeur de Baudouin le Lépreux, ce mariahe le faisant roi à son tour (si vous me suivez bien).
Frédéric reçoit l'émir Fakhr al-Dîn en Sicile en 1226-1227, envoie ses propres ambassadeurs en Egypte. D'accord avec al-Kâmil, ses troupes et les Teutonique s'attaquent d'abord au petit frère de Damas, al-Mu'azzam, et prennent Césarée et Sidon, ce qui arrangent les deux souverains, al-Kâmil pas mécontent qu'un autre se charge de régler ses affaires de famille, et Frédéric espérant faire patienter le pape qui le somme de se croiser sous peine d'excommunication.

Bref Frédéric II part prendre Jérusalem, et l'originalité de la chose, c'est que ses bisbilles avec le pape se sont tellement agravées qu'il est à ce moment-là, excommunié. Son départ pour la croisade n'y changera rien, Grégoire IX exigeant le même mea culpa que le précédent de Canossa. En même temps, le comportement fantasque de Frédéric, son autocratie impériale surtout, heurta probablement les grands féodaux de Syrie-Palestine, dont les rapports avec l'autorité royale de Jérusalem étaient restés plus traditionnels (Roi-Suzerain et grands vassaux), au rebours de l'Europe où avec Philippe-Auguste par exemple, l'Etat royal commençait de vouloir soumettre la société féodale. Ainsi, en débarquant à Chypre, dont le roi Henri de Lusignan n'avait que 11 ans, il évince de la régence Jean d'Ibelin, comme il avait bouté de la couronne de Jérusalem son beau-père Jean de Brienne. Ce n'était pas très adroit, car les Ibelins étaient une des plus vieilles familles poulaines (Balian d'Ibelin, connétable du Royaume avait défendu une dernière fois Jérusalem contre Saladin). Déjà les Francs d'Europe étaient peu aimés des Poulains, qu'exaspéraient leur méconnaissance de la diplomatie locale, des arrangements politiques, et leur fanatisme. On ne pouvait taxer Frédéric d'être anti-musulman, mais venant en prince étranger, sans grande considération pour les puissantes familles syriennes, il ne pouvait que s'attirer l'hostilité des vassaux.

De plus, al-Mu'azzam étant mort, comme nous l'avons vu, et son fils Nâsir al-Dîn ayant fait soumission à son oncle al-Kâmil, le sultan d'Egypte n'avait plus intérêt à ce que les Croisés s'en prennent aux émirats syriens, et assuré de la loyauté de ses neveux et cousins, il ne redoutait plus autant la Sixième Croisade. Ce qui était bien embêtant pour Frédéric, excommunié, vilipendé par les Francs de Syrie et de Chypre, et dont la seule échappatoire était une victoire sur les musulmans, nonobstant ses négociations secrètes avec le Kurde. Mais bon les négociations aboutirent par un traité par lequel al-Kâmil rendait aux Francs Jérusalem, Bethléem, Nazareth, soit les trois grands lieux saints chrétiens, en plus de quelques terres, comme le fief du Toron en Palestine et Sidon. Les musulmans, eux, gardaient l'accès à leurs lieux saints, soit la mosquée al-Aqsa et la Coupole du Rocher (improprement appelée Mosquée d'Omar). Le 18 mars 1229, Frédéric était couronné roi à Jérusalem. Mais un roi excommunié, avec pour seul vrai appui les Teutoniques allemands menés par Herman von Salza. Partout ailleurs, ça grondait ferme : le pape hurlait, sans doute parce qu'il n'avait été consulté en rien dans ces arrangements, et qu'en plus Frédéric semblait se ficher passablement de son excommunication, se faisant couronner de façon "laïque", précurseur napoléonien sans même la présence d'un pape en figurant forcé ; les Templiers étaient hostiles aux Teutoniques (sans doute jaloux de leur rôle nouveau au Moyen-Orient, tout comme ils aimaient peu les Hospitaliers) ; les barons francs de Palestine et de Syrie étaient travaillés par la propagande papale et de toute façon n'aimaient pas Frédéric et sa manière de gouverner un peu trop... personnelle. Bref, le nouveau roi de Jérusalem rembarque à Acre le 1er mai, sous les huées des habitants. Il semble qu'il se prit des choux et du crotin sur la tête. Son expédition fut donc à la fois une éclatante réussite diplomatique et un échec personnel piteux. Après son départ, les chrétiens latins furent très occupés à se battre entre eux, les Ibelins s'opposant par les armes aux agents impériaux. En 1243, Tyr, dernière ville tenu par les partisans de l'empereur, tomba aux mains de Balian II d'Ibelin.

Naturellement, une fois l'empereur chassé, les grands vassaux recommencèrent leurs querelles internes et la situation politique devint tellement embrouillée et vacillante que Grégoire IX relança en 1239 la VII° Croisade : cette fois-ci Thibaut IV comte de Champagne et roi de Navarre, le duc de Bourgogne, le comte de Bretagne y participèrent. Le comte de Bar aussi, qui mena ses troupes se faire bêtement massacrer à Gaza. Mais le camp ayyoubide en face étant aussi désuni qu'auparavant, Al-Salih Ayyûb (le bon roi Sâleh du roman) s'opposant pour la succession à la lignée de Damas, c'est-à-dire contre son cousin al-Sâlih Ismâ'îl. Ce fut alors une surenchère entre rois kurdes pour s'allier avec les Croisés. Ismâ'îl leur donna Beaufort, Safed et Tibériade et Ayyûb, Ascalon. Encore une fois, le royaume de Jérusalem était récupéré par les Francs selon la voie diplomatique. Mais c'était compter sans les fameux "contingents du Khwarizm", qui de plus en plus bousculés par les Mongols qui arrivaient, installaient de plus en plus à l'ouest leurs bataillons mercenaires et bons combattants. Le 23 août 1244, Jérusalem fut reprise par les musulmans et en 1247, Tibériade et Ascalon de même.


La personnalité et l'action politique de Frédéric II fut jugée diversement par ses contemporains, selon que l'on penchait plus du côté gibelin ou guelfes. Voici un aperçu de quelques mentions faites par des historiens musulmans, dont celle d'Abû-l-Fida, l'historien ayyoubide, qui mentionne précisément l'ambassade de Baïbars auprès de Frédéric :

"Al-Malik al-Kâmil, ayant obtenu la certitude que son frère al-Mua'zzam avait obtenu l'appui de Delâl al-Din (le Shah du Khwarezm), en fut tellement alarmé qu'il écrivit à l'empereur, roi des Francs, pour l'engager à se rendre à Acre, espérant ainsi détourner l'attention d'al-Mu'azzam et obliger ce prince à renoncer aux projets qu'il avait formés. L'empereur, attiré par les offres d'al-Kâmil, qui s'était engagé à lui remettre la ville de Jérusalem, partit pour Acre. "

"En cette année (625 de l'Hégire/1227-1228 du calendrier Julien), l'empereur arriva à Acre avec ses troupes. Il s'y était rendu sur invitation d'al-Malik al-Kâmil qui voulait donner de l'embarras à son frère al-Mu'azzam. Ce fut Fakhr al-Dîn ibn al-Shaykh qui porta l'invitation. Al-Mu'azzam ne vivait plus quand l'empereur arriva. Aussi la présence de celui-ci fut-elle dès lors pour al-Kâmil comme une flèche qui reste dans une blessure. L'empereur commença par s'emparer de Sidon, ville dont la moitié appartenait aux Musulmans, et l'autre moitié aux Francs. Ceux-ci en relevèrent alors les remparts qu'on avait détruit et prirent possession de la place. Le mot "ambaratûr" signifie "roi des émirs". Ce prince, dont le vrai nom était Feredric (sic), possédait l'île de Sicile et cette partie de la longue terre qui se compose des Pouilles et de la Lombardie."Suit un propos de l'historien Djamâl al-Dîn ibn Wasil, rapportant son ambassade envoyée par Baïbars, auprès de Manfred, sur lequel nous reviendrons quand nous parlerons du Procès du moine maudit. "Pendant ce temps, al-Malik al-Kâmil continuait ses négociations avec l'empereur et reconnut, après de longs pourparlers, qu'il fallait conclure une trêve ; aussi consentit-il à mettre ce prince en possession de Jérusalem, mais à condition que les murailles de la ville resteraient abattues, que les Francs ne les relèveraient pas, qu'ils ne toucherait pas au Qutb as-Sakhra, ni à la mosquée al-Aqsâ, que l'autorité dans les camapgnes appartiendrait au gouverneur (musulman) et qu'ils occuperaient seulement les villages sur la route qui mène d'Acre à Jérusalem. Les deux parties consentirent à cet arrangement et en jurèrent la fidèle observation, aussi dans le mois de Rabi' II/mars 1229, l'empereur prit possession de Jérusalem."

Abû-l-Fida mentionne alors comment le prince de Damas ameuta les musulmans afin de les indigner contre cette "trahison", et aussi un peu, parce que comme le dit Abû-l-Fida, "la trêve conclue avec l'empereur délivra al-Malik al-Kâmil des préoccupations que les Francs lui donnaient, et ce prince, n'ayant plus rien à craindre de ce côté, se mit en marche pour Damas."

(Annales d'Abû-l-Fida).

Ibn al-Athir, est plus sévère sur cette entreprise, au contraire du prince ayyoubide qui observe une certaine neutralité sur les agissements de ses parents. Il essaie ainsi de donner plusieurs interprétations sur les motifs et les arrières-pensées de la tractation :

"Quand la rupture fut définitive entre al-Mu'azzam et ses deux frères, al-Kâmil et al-Ashraf, et qu'al-Kâmil apprit qu'al-Mu'azzam s'était dévoué à la cause de Djamâl al-Dîn, roi du Khwarezm, il craignit que l'alliance de ces deux princes ne fut fatale à la dynastie ayyoubide et n'etraînat sa chute. C'est alors qu'il envoya l'émir Fakhr al-Dîn, fils du Shaykh des shaykh, auprès de l'empereur Frédéric, pour lui demander de se rendre à Akka, et lui promettre, s'il y venait, de lui livrer une partie du littoral conquis par Salah al-Dîn. Cette démarche avait pour objet de détourner les soupçons d'al-Mu'azzam et de contraindre ce prince à faire cause commune avec al-Kâmil et à reconnaître son autorité. L'empereur ayant commencé ses préparatifs afin d'nevahir le littoral, al-Mu'azzam, instruit de cet événement, écrivit à al-Ashraf des lettres flatteuses et lui demanda à plusieurs reprises de s'unir à lui."

Sur la reddition de Jérusalem :

" Voici les causes qui amenèrent ce funeste événement, un des plus désastreux pour l'islam : les princes de la famille d'Ayyoub s'étaient groupés autour d'al-Malik al-Kâmil, prince d'Egypte, qui se trouvait alors campé dans les environs de Jérusalem, pendant une expédition contre Damas. Enhardis par leur nombre, par les renforts qu'ils recevaient de leur flotte, les Francs exigèrent qu'on leur rendit toutes les places qui leur avaient été enlevées par Salah al-Dîn. Une convention fut alors conclue entre eux et les princes. On y stipula que ceux-ci ne rendraient aux Francs que la seule ville de Jérusalem et qu'ils conserveraient toutes les autres villes en leur pouvoir. En conséquence, on livra la Ville sainte, dont tous les remparts avaient été détruits, ainsi que nous l'avons dit plus haut,par al-Malik al-Mu'azzam. Les musulmans furent très péniblement affectés par cet événement, qui provoqua parmi eux un grand découragement et une vive agitation."

"Al-Malik al-Kâmil avait pensé qu'il affaiblissait les Francs, en leur livrant ainsi Jérusalem en ruines et qu'parès quelques temps de trêve il pourrait, quand il le voudrait, leur reprendre cette ville. Il comptait aussi, en soulevant des difficultés avec l'empereur et en n'accomplissant exactement pas ses engagements, ouvrir la porte à un nouveau conflit avec les Francs, puis le conflit s'aggravant, recouvrer tout ce qu'il avait cédé.

L'émir Fakhr al-Dîn, fils du Shaykh, fut chargé de porter les messages échangés entre les deux souverains. Après de nombreux protocoles, le règlement des question de juridiction et autres formalités, al-Kâmil jura d'observer les clauses de la convention, l'empereur jura également, et une trêve fut conclue pour un temps déterminée. S'adressant à l'émir Fakhr al-Dîn, fils du Shaykh, l'empereur lui dit : "Si je n'avais craint de perdre mon prestige aux yeux des Francs, je n'aurais rien imposé de tout ceci au sultan." Un héraut invita les Musulmans à quitter Jérusalem et à abandonner la ville aux Francs. Les musulmans sortirent en pleurant et en gémissant ; ils étaient désolés de voir cette ville échapper à leur autorité et blâmaient vivement la conduite d'al-Kâmil, qu'ils jugeaient indigne (...) Quand tout cela fut terminé, le sultan demanda la permission à l'empereur de faire un pèlerinage à Jérusalem. Celui-ci la lui accorda, et le sultan se rendit d'abord à Naplouse chez Shams al-Dîn, cadi de cette ville ; il y laissa sa suite, avant de faire ses dévotions à Jérusalem et de rentrer ensuite à Akka ; puis il accomplit son pèlerinage et s'en retourna."

S'ensuit les anecdotes ultra-connues et citées dans toutes les biographies ou sites relatifs à Frédéric, témoignant de son "islamophilie" voire d'un certain penchant pour l'impiété au jugé même des musulmans. On a aussi de lui une description physique de Sibt al-Djawzî, cité par Ibn al-Athir : "roux, chauve et myope ; aurait-il été esclave qu'on en eut pas donné 100 dirhems."

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