Il a dit


photo AFP

"Je suis même prêt à venir à Paris nier le génocide arménien, alors que sa reconnaissance m'a valu six mois de prison avec sursis. Dénoncer le génocide est évidemment un devoir, une mission universelle. Mais inscrire la "vérité" dans le code pénal limite la liberté d'expression et bloque la réflexion en France comme en Turquie. Les Turcs ont appris l'histoire d'une manière rigide, ouvrons-les sur une autre histoire en leur apprenant le doute, pas en imposant un autre diktat."

"Je connais l'âme du peuple arménien ; j'en fais partie. En réalité le monde arménien n'en veut pas uniquement à la Turquie parce qu'elle nie les événements, il en veut également au monde entier, car cette dernière ne s'est pas comportée de manière morale, éthique. En particulier l'Europe. D’ailleurs l'Amérique non plus."

"Les Occidentaux ont des comptes à régler avec la Turquie. Malheureusement ils utilisent le problème arménien comme instrument de la politique internationale. Le monde arménien ne devrait pas le permettre. En effet à chaque fois que le drame vécu par les Arméniens est utilisé comme un instrument de la politique internationale, je pense qu'on tue ce peuple à nouveau.
Les Arméniens ne devraient pas le permettre.. Reconnaître leurs responsabilités morale et historique, c'est un devoir de conscience pour les Turcs et les Européens.
C'est un devoir humain.
Nous devons les laisser avec leur problème de conscience."

"On remarque en fait combien ceux qui en Turquie restreignent la liberté d'expression et ceux qui tentent en France de restreindre de cette manière la liberté d'expression ont la même mentalité. C'est de la niaiserie car ce sont des obstacles incompatibles et très en retrait par rapport aux valeurs universelles contemporaines des droits de l'homme et de l'évolution du monde. La liberté d'expression est la première règle sine qua non des droits de l'homme universels. Si ceux qui y posent un obstacle croient faire une bonne chose, ils se trompent."

"Qu'est-ce qui est le plus important pour la Turquie? Qu'elle se démocratise? Ou qu'elle reconnaisse le génocide arménien?"

(paroles extraites de Télérama, japhel.org et turquieueropenne.org)

Hrant Dink a été abattu devant le siège de son journal Agos, journal de langue arménienne et turque. Les réactions en Turquie sont assez unanimes pour condamner cet assassinat. Le rédacteur en chef de Hürriyet a déclaré : "Hrant Dink était un vrai citoyen turc. Jamais dans ma vie je n'ai employé de pareils termes, mais je dois dire que son meurtrier est un traître à la patrie". Le ministre des Affaires étrangères Abdullah Gül a parlé "d'attaque immonde." (source AFP)

Il serait maintenant temps (mais si tard) que la classe politique turque, et son gouvernement, si unanimes à dénoncer le meurtre, s'interrogent sur sa responsabilité dans la récente vague nationaliste en Turquie, avant que d'autres intellectuels, écrivains, journalistes, régulièrement visés par les mêmes nationalistes, ou harcelés par des procureurs imbéciles, ne tombent à leur tour. Avant de vous inquiéter pour la sécurité des Turkmènes de Kirkouk, veillez un peu, Messieurs, à celle des citoyens turcs d'Istanboul.

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