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Articles

Affichage des articles du 2007

Coup de projo sur : Hassan Youssefzamanî

Né en 1931 à Sine (Sanandadj en persan), au Kurdistan d'Iran, Hassan Yousefzamani, à la fois poète, musicien, compositeur, parolier, est un maître de la musique classique iranienne depuis près d'un demi siècle. Jouant lui-même de la clarinette, du saxophone, du violon, il a composé près de deux cents musiques pour les plus grands noms de la chanson iranienne, ainsi le grand chanteur persan Mohammad Reza Shajarian, les Kurdes Shahram Nazeri et Mazhar Xaliqî, et Sima Bina la Khorassanî.

C'est à l'âge de 15 ans qu'il étudie la musique à l'école militaire de musique de Sine. Il se produit aussi pour les radios et fonde l'Orchestre kurde dont l'audience fut grande dans tout le Kurdistan, par-delà les frontières de l'Iran, en Turquie comme en Syrie ou en Irak. Puis il partit étudier au conservatoire de Téhéran.

A Radio Téhéran, il dirigea une formation de musique follorique à partir de 1962, en plus d'être clarinettiste et violoistes dans plusieurs or…

Coup de projo sur : Chants araméens

Au rebours de beaucoup de chrétiens d'Orient, les Chaldéens, catholiques et suivant le calendrier grégorien, fêtent Noël le 25 décembre. Il y a peu de messes chaldéennes enregistrées mais les chants et les arrangements de Jahanara Laura Mangus permettent d'entendre comment sonne magnifiquement l'araméen dans les chants sacrés. Bien sûr, l'album a un petit côté New Age, mais je préfère cela cent fois aux arrangements déprimants que la diaspora araméenne diffuse parfois, surtout aux USA, avec des adaptations indigentes qui résonnent aussi lugubrement que du Haendel plaqué sur un harmonium... Cet album là du moins n'enlève rien à la beauté de l'araméen, que j'ai toujours trouvé d'une étonnante puissance émotive, comme l'écoute de sons originels (et d'ailleurs, avec 3000 ans d'histoire, c'est effectivement une des langues originelles de Mésopotamie). Bref, rien de plus énervant que d'entendre parler de l'araméen comme d'une &quo…

Trilogie ismaélienne

"Pour les Qarmates, héritiers en cela de Abû'l-Khattâb, l'imâm attendu était, à la fois, la présence divine en la personne d'un descendant de Muhammad, l'homme de l'achèvement des temps, celui qui rétablirait le règne adamique et paradisiaque de Dieu sur sa terre. Le maître direct de Sejestanî, Abû Abdallâh al-Nasafî (m. 331/942 ou 332/943) n'avait-il pas professé que Adam, le premier prohète, était venu porter une religion spirituelle et non une loi positive ? L'antinoméisme des Qarmates transparaît dans cette théorie de la prophétie, où l'origine comme la fin de l'histoire sont placées sous le signe de l'effacement de la Loi."

Après la destruction d'Alamût :
"Le shî'isme radical des Qarmates et des Nizarîs ne pouvait se satisfaire de l'absence, même provisoire, de l'imâm. Mais, aussi bien, sa manifestation extérieur était-elle devenue impossible, ou pire, se révélait, en son essence, impossible. La thèse de henry C…

De source fiable...

Si, puisqu'on vous le dit ! L'aviation turque a détruit les QG du PKK à Qandil (avec des avions souterrains ?) et assure avoir causé "de lourdes pertes" au PKK, entre 50 et 60. Ces mêmes pertes, selon la TV officielle du PKK? Roj-TV se chiffreraient à 5. Bon faites le calcul habituel entre bilans préfecture et manifestants, et vous aurez peut-être une idée.... Jusqu'ici, le Gouvernement kurde ne confirme qu'une victime, une femme villageoise, qui n'avait rien à voir avec les troupes de Karayilan, lequel est donné pour mort par la télévision turque NTV, ce qui laisse un peu dubitatif. Si Murat Karayilan se promène encore à Qandil en usant en plus de son téléphone cellulaire, c'est qu'il est vraiment le digne successeur d'Öcalan en QI...

Mais bon, toutes ces infos sont forcément dignes de foi, puisque, comme le déclare le ministre turc des Affaires étrangères Ali Babacan, "vous devez faire confiance aux déclarations des Forces armées turques…

Coup de projo sur : Erdewan Zaxoyî

Erdewan Zaxoyî est né en 1957, à Zaxo, comme son nom l'indique. Sa génération étant celle qui connut les deux révoltes kurdes dans l'enfance et l'adolescence, en 1967 et 1975, ses études furent assez sommaires. Il enregistre sa première cassette en 1978. Il était peshmerga et chanteur et naturellement, certaines de ses chansons sont des chants politiques. Il connut un grand succès, qui ne se dément pas. Mais être un chanteur de montagne en insurrection était peut-être un peu limité pour faire entendre sa voix par delà les frontières. Il tenta de quitter l'Irak pour l'Europe mais il ne put obtenir un passeport pour partir. Il poursuivit ses activités artistiques de chanteur engagé. Le 26 janvier 1986, alors qu'il était dans un hôtel de Bagdad, il fut arrêté par les services du Baas et disparut, sans que l'on sache où il était ni comment il fut tué.

Bon Anniversaire

Pour fêter les 59 ans de la Déclaration internationale des droits de l'homme, du 10 décembre 1948, Nicolas Sarkozy, président de la République française a invité Mu'ammar Kadhafî à Paris et Bachar el-Assad, président de la République arabe de Syrie, a arrêté, la veille, 3 leaders politiques kurdes, Ismaïl Omar, préseident de Yekitî, Muhammad Ismaïl et Pîr Rostam, du Parti démocratique kurde de Syrie, plus quelques dizaines d'autres. Pas à dire, il y en a qui ont le sens de la fête. On attend avec impatience ce qu'ils vont nous inventer pour le soixantenaire.


'Stupidity, however, is not necessarily a inherent trait.' Albert Rosenfield.

Les chrétiens du Kurdistan

Ankawa, église St Joseph

En ligne, le reportage du Jour du Seigneur sur Mgr Rabban. Bon reportage, surtout avec Rabban qui crève l'écran, mais quelques remarques sur l'exagération parfois sinistre du commentaire :

- non, il n'y a pas que "quelques heures d'électricité" par jour à Erbil. Plutôt l'inverse, quelques heures de coupure. La plupart ont des générateurs pour palier. Le problème vient d'une trio grande demande en consommation (les Kurdes ont aussi la manie de ne RIEN écnomiser de l'électricité et de l'eau, vu que les deux sont gratuites). Rendre le Kurdistan indépendant en ressources énergétiques est un grand projet... Pour le moment, il dépend de la Turquie et de l'Iran, en attendant la construction de barrages.

- Sur la modicité des revenus : c'est vrai que les revenus des fonctionnaires sont bas, sachant que 60% du budget du GRK passe à les payer. Paradoxalement, il y a pénurie de main d'oeuvre dans le bâtiment, la restaura…

TV, Radio : Surma, l'Assyro-chaldéenne, Assyro-chaldéens

Dimanche 16 décembre à 8h00 sur France Culture : Surma l'Assyro-Chaldéenne. Avec Claire Weibel Yacoub, auteur de Surma l'Assyro-Chaldéenne (1883-1975). Dans la tourmente de Mésopotamie. Foi et tradition, J.P Enkiri. 18h10 sur France Culture : Arts de l'Islam : pur décor ? Avec Evelyne Possémé (musée des Arts décoratifs) et Rémy Labrusse (université d'Amiens) professeur d'histoire de l'art. Cultures d'islam, A. Meddeb. Lundi 17 décembre, à 16h 03, et mardi 18 à 13h07, sur RCF : Qui sont les Assyro-Chaldéens ? Magazine oeucuménique, par B. Soltner.



Coup de projo sur : les Ashik anatoliens

Comme la langue liturgique des Yézidis est le kurmandjî (quoique d'aucuns parlent de "yezidiren") et celle des Yarsâns est le goranî, les hymnes religieux des Bektashis-Alévis sont chantés en turc ; et pour cause, non seulement les premiers grands poètes rattachés à ce courant, comme Yunus Emre, Pîr Sultan Abdal composaient en turc, mais aussi le fondateur et figure messianique de l'alévisme, Shah Ismaïl, poète turc sous le nom de plume de Hatay. Cette poésie, comme la poésie persane mystique, est à double sens, pouvant se lire comme de simples chants d'amour, ou bien être décodée dans son sens religieux et gnostique. Quatre ashik de Turquie, (ashiq de 'ishq, amour passion, est un mot venu de l'arabe via le soufisme, signifiant fou d'amour et en Anatolie désignant aussi les chanteurs de ces poésies) interprètent ces chants de cem (équivalent au semâ des soufis, mais ouvert à toute la communauté alévie). Nuray Hafiftash, de Kars, elle-même fille d'…

Mahwî : Duvet

"Ô mon dieu ! Si nous devions quitter la taverne,
où irions-nous, à qui demanderions-nous du secours ?

Si tu veux que nous te donnions le paradis, ascète,
écarte-toi de nous, qui que nous soyons.

Les lignes du duvet et ses boucles s'entremêlent,
on dirait un combat entre les Nègres et les Turcs
pour la Chine.

Des larmes de regret coulent sur mes bras
depuis que de ta ceinture tu es ceinte.

Même aller en enfer serait délicieux
tant ce monde est étroit et amer.

Mahwî, tu as besoin de ta tête, ne la perds pas.
Si la Gracieuse allait venir nous devrions aller même
sur la tête vers elle.

Il est impossible de se délivrer de ses boucles :
des ondulations sur des ondulations."

De cette Nuit naissent les Aubes, trad. Ahmed Mela.

Congrès des musiques dans le monde de l'islam

Le Congrès des musiques dans le monde de l'islam s'est tenu en août dernier, au Maroc. Les communications sont à présent en ligne sur le site de la Maison des Cultures du Monde, et notamment l'intervention de Dieter Christensen, Music in Kurdish identity formations (samedi 11/8/, Musique, Société et pouvoir).

TV, Radio : Mgr Rabban Al-Qas, Islam, art safavide,

Notre évêque d'Amadiyya en vedette sur France-2, le dimanche 9 décembre, à 10h30, dans le Jour du Seigneur, dans un reportage compris dans une série intitulée Prêtres sur des lieux de fracture.

Radio :

Samedi 8 décembre, à 10h00, sur France Culture : L'Islam : dissidence des marges, émission en direct de l'Institut du Monde Arabe par Jean-Noël Jeanneney, avec Gabriel Martinez-Gros.
Agrégé d'histoire, Gabriel Martinez-Gros est professeur d'histoire du Moyen Age à l'université Paris-VIII. Il a publié : L'Idéologie omeyyade (Bibliothèque de la Casa de Vélasquez, 1992) ; Identité andalouse (Sindbad / Actes Sud, 1997) et, en collaboration avec Lucette Valensi, L'Islam en dissidence (Seuil, 2004). Il a en outre traduit : Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, de Juan Vernet (1985), et De l'amour et des amants (Le Collier de la colombe), d'Ibn Hazm (1992), publiés par Sindbad. Chez le même éditeur, il a publié plus récemment Ibn Khaldûn et les…

Mahwî : Soir du corbeau

"Serai-je fier de tes boucles blasphématoires ?
ô, fléau de l'Islam obligeant les uns
et les autres à payer un djiziya.

Afin d'écarter l'ascète de la paresse,
nous l'avons invité à boire du vin ; l'échanson nous dit :
"je n'offre pas de boisson couleur de rose
à un esprit léger."

Pense à ce festin.
Depuis le jour où l'univers est un échanson,
les coupes aux mains d'imbéciles
et de sages se contentent de leur sang.

Dans les assemblées, le récit de mon amour se répand. Gloire à
toi, amour !
combien de naïfs,
d'inconnus comme moi sont devenus illustres.

Je m'étonne de son corps élancé et de ses yeux en amande, son
coeur douc, telle une rose
dur comme une coque d'amande.

Sous ses boucles touffues, on voyait la nuque,
on aurait dit :
le faucon du matin qui se cache sous les ailes
du corbeau du soir.

Qui a donc informé Mahwî du départ de la Ravissante ?
Le chagrin m'attaque subitement, la quiétude s'en va."

De cette Nuit naissent les Aubes, tr…

Iran : un 14° journaliste arrêté

Après l'arrestation et la condamnation à mort d'Adnan Hassanpour et de Hiwa Boutimar, un autre journaliste, Omid Amadzadeh, a été arrêté, ce qui fait donc le 14ème journaliste détenu en iran, et le 6ème journaliste kurde, avec Reza Valizadeh (arrêté la smeaine dernière), Ejlal Aghvami, Jalal Kaboudvand.

Par ailleurs, l'avocat d'Adnan Hassanpour et de Hiwa Boutimar, Khalil Bahramian, a également été arrêté, avant qu'il puisse se rendre à Sienne, pour recevoir, à la place de ses clients, le prix ISF 2007 pour la liberté de la presse.


Mahwî : Maykhâna

"Regarde, viens, je me consume,
crois-moi, je n'existe plus ;
je suisun papillon,
je ne possède plus aucun abri.

Quand cet arbuste
nous donnera des fruits de tendresse et de fidélité !
La perfidie et la cruauté m'auront tué !

Quand je ne serai plus,
le amrché de la douleur, la taverne du chagrin
et le coin de la tristesse de meureront sans éclat,
sans plaisir, sans joie.

Mon existence n'est que péchés.
Après ma mort,
mes proches pourront supplier Dieu pour mon rachat !

Qu'à présent,
les épines de mon sépulcre accrochent les pans de sa robe. Que
faire de mon étoile, si elle brille après ma mort ?

La Gracieuse se leva, en voyant mes funérailles,
suivies par tout le monde ;
toute cette agitation pour ma mort, qui suis-je donc ?

Sa mort rend Mahwî triste.
Puisqu'il n'a point de consolateurs,
après ma mort le chagrin reste seul : sans abri."

De cette Nuit naissent des Aubes, trad. Ahmed Mela.

Après l'ours Muhammad, les bananes de la colère

Récemment, le Soudan a défrayé les chroniques après avoir arrêté (et finalement "grâcié") une institutrice anglaise dont les élèves avaient choisi d'appeler Muhammad un ours en peluche. Mais dans les classes primaires turques aussi on s'amuse, puisque les élèves d'une école de Kozluk, village de Yanikaya, province de Batman, ont été renvoyés trois jours, pour avoir dessiné un paysage aux couleurs subsersives et séparatistes, qui témoigne d'un mauvais esprit. Non mais c'est vrai, entre SEPT couleurs, pourquoi diable ces enfants de Kurdes ont été choisir spécialement le rouge, le jaune et le vert pour peindre l'arc-en-ciel ? Et ce pommier aux pommes ROUGES, ces bananes JAUNES et ces poires VERTES, ils ne les ont pas mis là exprès pour saper la République peut-être ? Quant au sol pavé de carreaux rouges, verts, jaunes, il est assez parlant par lui-même... Milliyet reproduit (en petit hélas) ce morceau d'art subversif. La prochaine fois, espérons que …

Mahwî : Taverne

"Le prédicateur fait des reproches
à l'ivrogne de la taverne,
car il n'accepte pas le prédestiné.
Moi, je suis satisfait de la mienne.

L'ascète manifeste sa dévotion hypocrite,
car il souhaite le paradis,
espérant rentrer dans le jardin
grâce à une fourbe récompense.

Le chagrin est prospère sous ma protection.
Je m'en vais.
Le pays du chagrin disparaît.

La peine du chagrin n'est pas blanche
comme celle de l'attente.
ma douce : regarde, le blanc de mon oeil.

Regarde les motifs de Dieu,
ne regarde pas ses créatures.
Si tu es méfiant,
n'approche personne.

Mahwî, méfie-toi des yeux de cette gazelle,
puisqu'avec les flèches de ses regards
elle a chassé tant de lions*."

* en arabe dans le texte.

De cette Nuit naissent des Aubes, trad. Ahmed Mela.

Ahmedê Khanî ou "Pourquoi j’écris en kurde"

Ahmedê Khanî, l’auteur du célèbre Mem et Zîn, est né en 1651 (à la toute fin de son roman, il indique en effet 1061 de l’Hégire comme date de naissance et avoir 44 ans, ce qui donne ainsi la date à laquelle le livre a été achevé, soit vers 1695), sans doute dans la région de Hakkarî. Nous savons peu de choses sur sa vie, sinon qu’il voyagea en Egypte et à Istanbul, et peut-être en Iran, puis revint vivre au Kurdistan, où il enseigna les sciences religieuses (v. Ferhad Shakely, Kurdish nationalism in Mem û Zîn of Ehmed-î Xanî, Uppsala, 1983).

Il mourut en 1706 à Dogubeyazit, où son mausolée s'élève, juste en face du fameux palais bâti par le prince kurde Ishak Pacha. Encore aujourd'hui, les Kurdes viennent de partout le visiter car plus qu'un simple poète, Khanî est en effet considéré comme un grand cheikh, un guide spirituel, ce qu’il fut aussi incontestablement de son vivant.
La légende de Mem et Zîn, extrêmement populaire au Kurdistan, est peut-être la continuation orale…