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Articles

Affichage des articles du 2006

Une nouvelle qui fait bien plaisir

Après tant d'années, son combat pour la résurrection de l'église d'Adiyaman est remporté avec un succès des plus éclatants, puisque la ville peut enfin se glorifier d'avoir son évêque, "le premier consacré en Turquie depuis la fin de l'Empire ottoman." Et le choix du prêtre n'est pas des plus mauvais : je me souviens de lui quand nous l'avons vu avec Roxane, qui a fait de lui un très beau portrait, comme d'un homme très doux, gentil, souriant, actif, et parlant très bien le kurde, très amusé d'ailleurs de n'avoir que cette langue commune pour échanger avec une Française ! Il était déjà bien affairé à faire revivre son église, avec le soutien de beaucoup de chrétiens de la diaspora, notamment d'Allemagne. Donc, félicitation à l'Abuna !

Coup de projo sur : quelques Nativités

De divers CD, quelques chants de la Nativité dans des rites et des langues qui se sont fait entendre ou sont encore entendues dans la région Djézireh-Kurdistan-haute Mésopotamie.D'abord des chants de Noël géorgiens (si les Géorgiens ont un peu reculé à l'est avec la poussée turco-kurde, ils ont été des voisins directs dans tout le Moyen-Âge et au-delà.Ensuite, ce qui peut surprendre, un chant de Noël médiéval latin, c'est-à-dire européen pur jus. Hé oui, avec le Comté d'Edesse (auj. Urfa) et la Principauté d'Antioche qui s'avançait jusqu'à Afrîne, on a entendu au moins pendant un siècle des nativités latines en pays arabo-kurdo-syriaque... (Il faut imaginer la profusion de langues et de dialecte qu'un habitant moyen entre Urfa et Afrîne avait dans l'oreille : l'arabe, le turc, le kurde, le latin, le syriaque, la langue d'oc, le francien des Normands, le grec, l'arménien, le néo-araméen des Juifs...)Donc bien sûr, il y a aussi les chants …

Malamatiyya

"Passions du Vrai qui toutes entières naissent du Vrai
Mais que ne peut atteindre la compréhension des plus grands
Car qu'est-ce que la passion sinon une inclination suivie d'un regard
Lequel propage une flamme parmi ces consciences ?
Si le Vrai vient habiter la conscience
Trois états y redoublent au regard des clairvoyants :
Un état qui anéantit la conscience dans l'essence de sa passion
Puis la rend présente par la passion en état de perplexité
Et un état où toutes les forces de la conscience se nouent
En se tournant vers une vue qui anéantit tout voyant."
Al-Hallâdj,Poèmes mystiques, trad. Sami-Ali.




"L'imam a de sérieux doutes sur la foi de Nasr Eddin, d'autant qu'il ne fréquente guère la mosquée. Puis qu'il est de son devoir de faire rentrer au bercail les brebis égarées, il vient un soir lui faire ses remontrances.

- Tu me sous-estimes beaucoup, lui répond le Hodja l'air pénétré. Je suis peiné que tu n'aies pas compris qu'en fai…

Roman de Baïbars : Rempart des pucelles

Avec Rempart des pucelles, Baïbars est fort occupé avec le méchant Jaouane et les chrétiens (comme d'habitude quoi). Cette fois les Francs se diversifient dans le roman, puisqu'on voit apparaître des champions arméniens.

L'exploit de Baïbars, au début de son règne, était, nous l'avons vu, d'avoir arrêté l'avancée mongole à 'Ayn Djalout. Mais une fois les Ilkhanides stoppés et stabilisés en Irak-Iran, c''est surtout dans la zone Syrie-Djezireh que va s'exercer le programme de reconquête de Baïbars, en abaissant les féodaux kurdes ayyoubides, déjà bien coincés entre les Mongols et le pouvoir du Caire. Ainsi le sultan kurde d'Alep al-Nasîr, celui qui s'était déjà opposé au sultanat de Shadjarat-Durr, continuait de rallier autour de lui les émirs kurdes du Nord, peu enclins à lasser le pouvoir aux Turcs mamelouks. Il fallut toute la pression du calife abbasside pour qu'al-Nasir accepte de traiter avec le sultan du Caire, lui devant se con…

Coup de projo sur : Tania Arab

Cette fois-ci cap au sud avec Tania Arab et 3 musiciens comme lui originaires du Kurdistan d'Irak. Le chanteur, né à Hewlêr, la capitale, est un des plus réputé dans le genre heyran, ces chants populaires qui aniamient les veillées. Le lawk est une poésie traditionnelle chantée, à thème épique ou amoureux. Ici, il s'agit d'un répertoire uniquement amoureux, à thème classique dans la chanson kurde : éloge de la bien-aimée, de ses attraits physiques, invites coquines de la belle à partager la nuit avec son amoureux, , avec un zeste d'érotisme toujours récurrent dans la poésie amoureuse kurde.
Dêwanim (Je suis fou) :

"Fou d'amour, je pars sur les traces des nomades ! Ô ma bien-aimée, pourquoi être partie si loin ? A quoi sert de se plaindre au pays de Mukriyan ? Les parents de ma bien-aimée aux lèvres fines Refusent de m'accorder sa main !"
Ce lawk est un dialogue entre Khanim e t son mêwan (son invité) :

- Ô Khanim je ne puis te voir que sur le toit de ta m…

Unanimité des Kurdes contre le rapport Baker

photo Roxane


Le rapport Baker-Hamilton a déclenché un tollé chez tous les responsables kurdes, dont les "deux présidents", Massoud Barzani et Jalal Talabani.

Dans une interview à Asia News, Saywan Barzani, le représentant du Gouvernement du Kurdistan pour l'Union européenne, livre ses commentaires :

Selon lui, le rapport encourage la violation de la constitution irakienne, approuvée par référendum en janvier 2005, notamment sur le statut de Kirkouk et la "réconciliation" recommandée avecles Baathistes irakiens.

"Le rapport Baker est "anti-kurde" déclare Saywan Barzani, et sera une source d'instabilité. Il est à 20% pro-sunnite, et pour le reste pro-chiite, mais omet de parler des Kurdes et du rôle qu'ils ont joué dans la reconstruction du pays, ainsi que dans le gouvernement." explique Saywan Barzani.


?Si certaines des suggestions de la commission Baker-Hamilton sont appliquées, il n'y aura plus aucune stabilité dans la région. L'…

Saladin et les Kurdes

"En 1169 un émir kurde de l'armée de Syrie, Saladin, succéda à son oncle à la tête du vizirat d'Egypte qu'il venait juste de conquérir. Il devint le sultan le plus célèbre de l'Islam par la reconquête sur les Francs de la ville de Jérusalem. Il assura la pérennité d'une dynastie familiale du Yémen à l'Egypte et de la Syrie à la Haute-Mésopotamie. De son intronisation au vizirat égyptien à sa mort en 589/1193, Saladin est assisté par des personnages d'origines diverses (Turcs, Arabes, Kurdes, Iraniens). Parmi eux les Kurdes constituent un important groupe présent non seulement au sein de l'Etat ayyoubide, mais aussi dans toutes les sphères sociales des villes de Syrie Palestine et de la Djézireh. Qui étaient les Kurdes du temps de Saladin ? Comment étaient-ils perçus par les auteurs arabo-musulmans ? Quel fut leur rôle sous le règne de Saladin ? Leurs relations avec les autres groupes ? D'où venaient-ils ? Quels rapports entretenaient-ils avec l…

La Valise de mon papa

Ou le beau discours de réception du Prix Nobel par Orhan Pamuk, disponible en traduction française :

"Pour moi, être écrivain, c'est découvrir patiemment, au fil des années, la seconde personne, cachée, qui vit en nous, et un monde qui secrète notre seconde vie : l'écriture m'évoque en premier lieu, non pas les romans, la poésie, la tradition littéraire, mais l'homme qui, enfermé dans une chambre, se replie sur lui-même, seul avec les mots, et jette, ce faisant, les fondations d'un nouveau monde."

Roman de Baïbars : Meurtre au hammam

Avec Meurtre au hammam, nous voyons disparaître un de mes perso préférés, enfin mon perso préféré avec Fleur des Truands, qui est le roi El-Sâleh. Mais bon, il faut bien qu'il fasse de la place puisque le sujet principal du roman, c'est tout de même "Baïbars sultan". Alors voilà il meurt de sa belle mort et tout le roman peint en raccourci ou en version vaudeville (mais à peine exagéré) les troubles de succession qui ont précipité la chûte des Ayyoubides, et surtout mettent en premier plan l'étonnante histoire de la Sultane d'Egypte, la veuve du roi El-Sâleh, Shadjarat Durr ou Arbre de perles.

Dans le roman, qui est assez moralisateur, la dame n'accède pas au titre suprême ni ne le réclame, alors que c'est bien ce qui se passa en 1250. Jean-Patrick Guillaume la présente comme un cas unique dans l'histoire de l'islam médiéval, celui d'une femme accédant au pouvoir, porté par une coalition d'émirs. Nous allons voir que si Shadjarat Durr e…

Coup de projo sur : Ali Ekber Cicek

Ali Ekber Çiçek, né en 1935 à Erzincan, mort en avril 2006. Un des plus fameux chanteur alévi, interprétant des poèmes de Pîr Sultan Abdal; Kul Hüseyn, Kul Veli, ou des chants traditionnels de sa région. A la différence des effusions passionnées deShahram Nazeri, sa mélancolie austère rappelle que le Dersim et ses alentours n'est pas un pays très gai ni très exubérant, pas plus que leur cem (il est vrai que celui auquel j'avais assisté à Dersim même était celui du 10 de Moharram commémorant la mort de Hussein, donc pas de quoi batifoler durant le sema).

Il interprète là des poèmes bektashis, Kizil bach et Alévis, en turc bien sûr, puisque depuis Shah Ismaïl "Hatay" la langue religieuse des Alévis est le turc, comme celle des Ahlé-Haqq est le guranî et celel des Yézidis le kirmancî.

Roman de Baïbars : La Trahison des émirs

La Trahison des émirs est consqcré dans le premier tiers aux aventures de l'épique Maarouf chez les Francs. Mais viennent ensuite en scène pour la première fois dans le roman les Mongols, qui furent le grand succès du règne de Baïbars, puisque c'est lui qui stoppa l'avancée mongole en Palestine, alors que les Chrétiens espéraient naïvement conclure une alliance avec le Khan. Dans la foulée, Baïbars "nettoya" aussi les forteresses ismaéliennes de Syrie et les dernières places côtières tenues par les Francs. C'est d'ailleurs à ce moment que le règne ayyoubide prit vraiment fin, avec un durcissement contre les chrétiens, même autochtones. En Egypte et en Syrie, les chrétiens furent soupçonnés de complicité ou de sympathie pour les Mongols ou les Francs. Et la relative détente du règne ayyoubide fut oubliée. L'Islam en passe d'être submergé dans la totalité de son territoire par des non-musulmans, réagit par la défiance et la persécution envers ses pr…

Coup de projo sur : Shahram Nazerî

Le plus magnifique, le plus talentueux, le sublime, le plus glamour, enfin bon, bref, le Shahsiwar des stranbêj kurdes; Shahram Nazeri, né à Kermanshan vers 1950 et qui depuis l'âge de huit ans interprète les mystiques persans comme Rumî, Hafez, les poètes contemporains comme Sohrab Sepeheri et les chants et poèmes kurdes de sa province natale, comme ici avec cet album Heyrani ou Mystified, accompagné des temburs (luths kurdes) de l'ensemble Shams.



Roman de Baïbars : La Chevauchée des fils d'Ismaïl

Avec La Chevauchée des fils d'Ismaïl, consacré pour une bonne partie aux exploits des Ismaéliens, nous voyons que le pouvoir du roi ayyoubide, en apparence des plus inactifs, s'exerce à maintenir l'équilibre entre de puissantes coalitions qui en principe unis pour combattre le chrétien n'en agissent pas moins entre elles comme des factions rivales se disputant la succession d'El-Sâleh. Si le Sultan passe son temps en oraisons avec des religieux, parfois mentionnés comme étant "kurdes ayyoubides" (ce qui montre qu'au rebours des Turcs, les Kurdes, s'ils sont estampillés "ayyoubide" c'est-à-dire d'une bonne famille, ne sont pas uniquement membres de l'exécutif et du militaire) ou bien à être saisi de transes au Conseil et à se perdre en propos énigmatiques tout en réprimandant son vizir de la main droite, ce bon Chahîn, pour tout ce qui va de travers dans le monde, son impuissance apparente, voire même le masque de gâteux faibl…

Les tambours des Kamkars

Coup de projo cette semaine sur les Kamkars, avec le Chant des Tambours, une composition jouée principalement avec des percussions (plus des cris de Comanches pour un dhikr très énergique, à tel point qu'I Tunes l'a classé dans la catégorie "Rock" ce qui est un peu exagéré).

Bref les mélodies sont inspirées du Dhikr des soufis (les Kamkars sont originaire de Sine, Kurdistan d'Iran, où les soufis sont nombreux et fort actifs dans leur sema. Le daf est un instrument primordiale pour la musique des derviches kurdes, tout comme le ney pour les mevlevis. Le tâs est un tambourin qui accompagne le daf durant le semâ. On en joue aussi lors des éclipses pour conjurer le soleil de revenir et aussi pour les cérémonies de la pluie. Le duhol, c'est cette énorme percussion joué traditionnellement dans toutes les fêtes kurdes avec le zorna (clarinette). Le double-tambour (do table) est un assemblage comme son nom l'indique : un grand et un petit tambour, que l'on s…

Roman de Baïbars : Les bas-fonds du Caire

Avec Les Bas-fonds du Caire, on en dit plus sur les relations entre Kurdes et Turcs dans le roman, et d'emblée et sans fard, elles sont présentées comme détestables, les deux peuples ne pouvant visiblement pas se piffer. Ainsi l'affaire de l'émir Saylakhan le Kurde, se faisant ruiner et emprisonner par le Turkmène Taylakhan (la quasi-identité des noms est d'ailleurs amusante entre ces deux ennemis), car le Mamelouk, tombé fou amoureux de la fille de l'émir ayyoubide, s'est vu éconduire, puisque, dit le conteur "on connaît l'hostilité séculaire qui règne entre les Kurdes et les Turkmènes. Bien rares sont les mariages entre ces deux peuples : les Kurdes ne donnent leurs filles qu'à des Kurdes." Et plus loin, quand Taylakhan cherchent à se rapprocher de Saylakhan et s'invite chez lui, l'émir se méfie d'abord, en disant à sa femme : "Je ne vois pas pourquoi il s'est conduit si amicalement à mon égard, car les Turks et les Tur…

Gurmatta

Sur SikhSpectrum.com : French woman pinning a flower to honor Sikh soldiers arriving in France 1914.

Les soldats sikhs qui étaient parmi les plus braves de l'armée britannique ont toujours refusé de porter un casque et ont gardé leurs turbans, car un guerrier sikh est sans peur. Ils ont fait les deux guerres mondiales ainsi, et voilà que maintenant dans nos belles écoles républicaines, on renvoie les garçons coupables de s'habiller en grands seigneurs. Une coiffe qui exprime le courage, l'honneur, et la liberté d'une chevelure non entaillée par les ciseaux est forcément une vision d'horreur : il faut courber les nuques, griser les couleurs, raboter tout ce qui dépasse, désapprendre L'Usage du monde.


'Stupidity, however, is not necessarily a inherent trait.' Albert Rosenfield.

Permis de radio

Récemment, Ahmadinejjad a décidé que seraient interdit les connexions Internet à haut débit. C'est décidément une tradition en Iran de brider les médias (sans grand succès, la langue persane est une des langues les plus utilisées par les bloggers).

Dans les années 50, sous les Pehlevis donc, il fallait une autorisation officielle pour posséder une radio, un permis en quelque sorte. C'était peut-être pour surveiller là encore la circulation de l'information, mais une des raisons - la plus comique - était que les postes de radio venaient des pays kafirs" et les bonnes âmes pieuses se mettaient en tête de les "purifier" rituellement avant utilisation et donc les plongeaient le poste dans l'eau pour les laver. Certains devaient oublier de les débrancher avant car plusieurs villes ont vu leur électricité HS comme ça... Aussi, le gouvernement devait probablement demander aux bureaux qui délivraient la licence de s'assurer que le propriétaire du poste n'…

Roman de Baïbars : Fleur des truands

Avec le second volume du roman de Baïbars, entre en scène un des personnages les plus savoureux de l'histoire, l'insigne, le prodigieux Otmân, la "Fleur des truands", terreur du Caire, mauvais garçon repenti et en même temps saint authentique, instruit des Secrets de l'autre monde et donc jouant avec le roi El-Sâleh, un numéro de duettistes faussement ahuris ou divaguant en pleine assemblée, devant une assistance qui ne comprend goutte quand Otmân salue le roi comme un quitt (pour qutb) : "Tu es un grand chat, tu es le chats des chats, de tous les chats ! Hourra !""Mais il a dit que j'étais le grand chat, suis-je donc aussi un matou ?" feint de s'étonner le malin sultan.

En général, dans les romans d'aventure à vocation moraliste, un héros comme Fleur des truands, commence, comme c'est le cas ici, par jouer tous les tours pendables qu'il peut au héros du Bien, Baïbars, et puis s'étant repenti et étant en plus, devenu un …

Cette semaine coup de projo sur : Warda Gulan

Inspirée par la rubrique d'un blog célébrissime, Kurdistan-name offrira un coup de projecteur hebdomadaire sur une musique kurde ou que l'on peut entendre au Kurdistan ou chez les proches voisins. Cette semaine, un très beau CD de musique chaldéenne, déjà signalé cet été, et acquis depuis. Toutes les infos sur le musicien, les Chaldéens, le rituel syriaque, etc. chez Abeillemusique.com où l'on peut se le procurer.

Les dernières perles d'Ubu Président des Kurdes

Extrait de nefel.com, un petit digest de toute beauté de son dernier entretien avec ses avocats :

Le Soleil de l'Humanité, très attaché à sa dernière création en matière de système politique fumeux, la Konfederasyona Civaka Sivîl, soit Confédération de la Société civile (inutile de se demander ce que c'est, sa pensée vole tellement haut que personne ne la comprend) et quelque peu fâché du peu d'échos que cela suscite, s'en prend une fois de plus à sa bête noire favorite, le "nationalisme kurde", grand mal du siècle, apparemment, en ce moment incarné par une autre de ses têtes de Turc (si je puis dire) Massoud Barzani, l'actuel président du Kurdistan.

En effet, Massoud a des intentions politiques d'une noirceur qui font frémir : il veut un "dewleta neteweyî", autrement dit un Etat na-tio-nal. Dingue, non ? Car comme le fait judicieusement remarquer l'alter-ego de Hannah Arendt en matière d'analyse de pensée totalitaire : "Un Eta…